Élections en Colombie et Pérou : opportunités du crédit andin
Foule en vêtements traditionnels dans vallée montagneuse andine

Date

Table des matières

L’article en bref

Les élections colombienne et péruvienne de mai-juin 2026 pèsent directement sur les spreads de crédit andin et les portefeuilles obligataires émergents.

  • Profils macroéconomiques divergents : la Colombie affiche un déficit de 6,7 % du PIB et une dette de 62 %, tandis que le Pérou maîtrise son déficit à 2,3 % et sa dette à 32 %.
  • Impact sur les notations : S&P a dégradé la Colombie en BB-/Baa3 ; le Pérou conserve le statut investment grade BBB-/Baa1, attirant davantage d’investisseurs institutionnels.
  • Catalyseur électoral : une victoire de l’opposition colombienne pourrait resserrer les spreads ; au Pérou, l’instabilité politique persiste malgré la résilience macroéconomique.
  • Opportunités sectorielles : les infrastructures gazières péruviennes (7,0 %), l’extraction aurifère (9,8 %) et les utilities colombiennes offrent des rendements intéressants indépendants des urnes.
  • Stratégie requise : privilégier la sélectivité entre risque souverain et corporate ; les émetteurs aux flux indexés sur les prix mondiaux résistent mieux aux volatilités électorales.

Le 31 mai 2026, les Colombiens votaient au premier tour d’une présidentielle scrutée de très près par les desks obligataires de Londres, Paris et New York. Ce n’est pas un hasard : la trajectoire budgétaire de Bogotá et la gouvernabilité de Lima pèsent immédiatement sur les spreads de crédit andins, et donc sur la rentabilité de nombreux portefeuilles exposés aux marchés émergents.

Deux profils macroéconomiques radicalement différents

Comparer la Colombie et le Pérou sur le plan macroéconomique, c’est mesurer l’écart entre deux réalités. D’un côté, Bogotá affiche un déficit budgétaire estimé à 6,7 % du PIB en 2026, une dette publique avoisinant 62 % du PIB et une inflation à 5,8 %. De l’autre, Lima présente un profil nettement plus vertueux : déficit limité à 2,3 %, dette publique autour de 32 % du PIB et inflation maîtrisée à 2,6 %.

Ces contrastes ont des conséquences directes sur la notation souveraine. S&P a dégradé la Colombie en avril 2026, après des abaissements similaires de Moody’s et Fitch en 2025 — la note souveraine flirte désormais avec BB-/Baa3. Le Pérou, lui, conserve le statut investment grade (BBB-/Baa1), ce qui attire des catégories d’investisseurs institutionnels inaccessibles aux émetteurs colombiens dégradés.

Le tableau ci-dessous synthétise les principaux indicateurs pour orienter votre lecture des risques :

Indicateur (2026E) Colombie Pérou
Croissance du PIB réel 2,5 % 2,9 %
Inflation 5,8 % 2,6 %
Déficit budgétaire / PIB 6,7 % 2,3 %
Dette publique / PIB 62 % 32 %
Notation souveraine BB- / Baa3 / BB BBB- / Baa1 / BBB-
Taux directeur 12,1 % 4,2 %

Pour un investisseur soucieux de préserver la qualité de son portefeuille obligataire, ces divergences fondamentales ne sont pas anecdotiques. Elles conditionnent l’ampleur du repricing selon les résultats électoraux, et justifient une stratégie différenciée plutôt qu’une exposition uniforme à la région andine.

Le risque électoral comme catalyseur de spread : Colombie et Pérou sous les projecteurs

La campagne colombienne oppose Iván Cepeda, candidat du Pacto Histórico — successeur désigné du président Gustavo Petro — à deux figures de l’opposition, Paloma Valencia et Abelardo de la Espriella. Les marchés ne suivent pas ce scrutin pour ses enjeux sociétaux, mais pour une seule question : le futur gouvernement aura-t-il la volonté et la capacité d’infléchir la trajectoire budgétaire ?

Une victoire de l’opposition, perçue comme plus favorable à la discipline fiscale, pourrait générer un resserrement significatif des spreads colombiens. À l’inverse, une continuité politique sans ajustement crédible exposerait les détenteurs d’obligations d’entreprises fortement corrélées au souverain à un élargissement de prime de risque. Cette asymétrie plaide pour une sélectivité accrue — approche à la croisée de toute gestion patrimoniale structurée.

Au Pérou, le second tour prévu le 7 juin oppose Keiko Fujimori à Roberto Sánchez. Depuis 2016, le pays a traversé six présidents différents — une instabilité institutionnelle réelle, même si le cadre macroéconomique a résisté. La réintroduction d’un Sénat de 60 sièges, sans majorité dominante, devrait limiter les virages radicaux dans un sens comme dans l’autre. Pour les investisseurs obligataires, cette prévisibilité relative constitue un facteur de valorisation en soi.

Vous souhaitez compléter cette exposition andine par des stratégies décorrélées ? Les stratégies de performance absolue en marchés volatils peuvent utilement diversifier un portefeuille exposé aux cycles électoraux émergents.

Élections en Colombie et Pérou : opportunités du crédit andin

Ressources naturelles et crédit corporate : où chercher de la valeur

IVO Capital Partners, gérant spécialisé sur la dette émergente, identifie des opportunités précises dans cette fenêtre pré-électorale. L’approche repose sur un principe simple — privilégier les émetteurs dont les flux de trésorerie dépendent de moteurs globaux plutôt que du contexte politique domestique.

Trois secteurs ressortent particulièrement :

  • Infrastructures de gaz naturel liquéfié au Pérou : rendement d’environ 7,0 %, z-spread proche de 358 points de base, soutenu par une demande mondiale structurelle indépendante des urnes de Lima.
  • Extraction aurifère péruvienne : dans un contexte de prix de l’or historiquement élevés, certains miniers sélectionnés affichent des rendements autour de 9,8 %, avec une thèse d’investissement peu sensible à l’issue du second tour.
  • Énergie thermique et utilities colombiennes — la volatilité électorale crée des points d’entrée sur des émetteurs solides dont les revenus bénéficient des prix mondiaux de l’énergie.

En revanche, les entreprises colombiennes à forte corrélation souveraine méritent une prudence accrue. Le risque de défaut sur la dette privée augmente mécaniquement lorsque le souverain de référence voit sa notation se dégrader et sa prime de risque s’élargir.

Par ailleurs, le fort rebond du crédit corporate haut rendement en mai 2026 offre un contexte technique favorable pour réévaluer les niveaux d’entrée sur certains émetteurs andins. La sélectivité reste néanmoins le maître-mot.

Intégrer les Andes dans une allocation patrimoniale robuste

Pour un investisseur gérant un patrimoine diversifié, l’exposition au crédit andin ne se construit pas en isolation. Elle s’inscrit dans une réflexion globale sur l’équilibre rendement/risque. Les produits structurés aux rendements alléchants peuvent, par exemple, permettre d’accéder à une exposition calibrée aux marchés andins tout en limitant le drawdown maximum.

La vraie valeur ajoutée dans cet environnement tient à la différenciation entre risque souverain et risque corporate sectoriel. Les élections colombienne et péruvienne amplifient temporairement les spreads — ce mouvement représente autant une menace pour les positions mal construites qu’une opportunité pour les stratégies capables d’identifier les émetteurs structurellement résilients.

Enfin, pensez à l’architecture fiscale de votre exposition : un contrat d’assurance vie de qualité, protégé contre les contraintes réglementaires type Loi Sapin 2, peut loger efficacement des fonds obligataires émergents tout en préservant l’antériorité fiscale de vos investissements existants.

Ce document contient des opinions, exemples et analyses conçues par Finconnexion à partir de données chiffrées qu’elle considère comme fiables au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier. Il est produit à titre indicatif et ne peut être considéré comme une offre de vente ou un conseil en investissement. Il ne constitue pas la base d’un engagement ni d'une garantie de quelque nature que ce soit.  Aucune information contenue dans ce document ne saurait être interprétée comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Finconnexion ne saurait être tenue responsable de toute décision prise sur la base d’une information contenue dans ce document.

PLUS
d'articles

Vous souhaitez travailler avec nous ?