Marchés financiers octobre 2026 : actions, obligations, devises
Salle des marchés avec écrans affichant courbes de taux et indices actions

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Table des matières

L'essentiel en 30 secondes

  • Les bénéfices MSCI World attendus en hausse de plus de 30% en 2026 justifient le maintien de la surpondération actions, malgré une prime de risque à 250 pb — moitié de sa moyenne historique.
  • Les marchés émergents hors Chine offrent la plus forte croissance de bénéfices (+66% vs 2025) et constituent la conviction régionale la plus forte du baromètre.
  • Les rendements souverains à 4% (Bloomberg Treasury) ne suffisent pas à déclencher une surpondération obligataire : déficits publics élevés et incertitude sur le cadre Fed maintiennent les positions neutres.
  • Les bons du Trésor américain à 10 ans ont dépassé 5,2% en septembre 2026, leur plus haut depuis 2007, dans la plus forte correction hebdomadaire jamais enregistrée sur ce marché.
  • Les valeurs IA à forte capitalisation se négocient pour la première fois avec une décote sur le marché global en termes de PER 12 mois, ce qui modifie l'argument de valorisation sur ce segment.

Neuf mois de hausse des marchés actions et un pic des rendements obligataires posent une question concrète : faut-il alléger les actions au profit des titres souverains ? L'écart entre le rendement sur bénéfices des actions et le rendement obligataire est à son creux depuis vingt ans, ce qui peut inciter à reconsidérer la répartition du portefeuille. L'analyse de Pictet Asset Management pour octobre 2026 apporte une réponse structurée, région par région et classe d'actifs par classe d'actifs.

Gestionnaire annotant un tableau d'allocation d'actifs sur papier
Illustration générée par IA

Allocation d'actifs : pourquoi les actions restent surpondérées

La comparaison brute entre le rendement sur bénéfices des actions et les rendements obligataires penche, en apparence, en faveur des obligations. Mais les valorisations sont un signal moins fiable dès lors que la croissance des bénéfices reste robuste — et c'est précisément le cas en 2026.

Les sociétés composant l'indice MSCI World devraient afficher une croissance de leurs bénéfices supérieure à 30% sur l'exercice 2026, selon les estimations de Pictet Asset Management. Les entreprises des marchés émergents font encore mieux : la progression attendue dépasse 65%.

Sur le front de l'inflation, un apaisement est anticipé dans les prochains mois, même si la remontée des cours du pétrole a temporairement poussé l'inflation globale américaine à près du double de l'objectif de la Fed. Les valeurs technologiques et d'intelligence artificielle, souvent citées comme une source de fragilité, représentent plus de la moitié de la croissance mondiale des bénéfices en 2026 — ce qui nuance considérablement le discours sur leur surchauffe.

Le positionnement résultant : surpondération actions, neutralité obligations, sous-pondération liquidités. Le rendement moyen des Global Government Bonds (indice Bloomberg Treasury) a franchi pour la première fois le seuil de 4%, rendant les valorisations obligataires plus attrayantes. Mais le niveau élevé de la dette publique et les tensions géopolitiques liées au conflit en Iran justifient un maintien des rendements souverains à un plateau élevé.

Cycle conjoncturel : une résilience qui se confirme

L'économie américaine croît à son rythme potentiel, soit environ 2%. L'indicateur composite des investissements en capital de Pictet AM dépasse sa moyenne de long terme depuis 1990, porté par les investissements non résidentiels des groupes technologiques. Les dépenses liées à l'IA ont progressé à un rythme annualisé supérieur à 20% au cours des deux dernières années. La Réserve fédérale estime que ce boom de productivité pourrait porter le taux de croissance du PIB américain jusqu'à 4% sur les prochaines décennies. Quelques fragilités persistent côté immobilier, mais elles sont largement absorbées par ce dynamisme.

L'Europe bénéficie d'une reprise qui touche désormais la consommation, l'industrie manufacturière et le commerce. Les dépenses publiques consacrées aux énergies renouvelables, à la défense et aux infrastructures représentent 15% du PIB total de l'UE et se diffusent progressivement dans l'économie réelle. Pictet AM estime que cette impulsion budgétaire pourrait réduire de moitié l'écart de croissance entre l'Europe et les États-Unis sur le long terme.

Le Japon figure parmi les économies développées les plus dynamiques : les enquêtes auprès des entreprises manufacturières et les commandes d'équipements industriels laissent présager un rebond de l'activité et des dépenses d'investissement. La Chine, en revanche, reste à la traîne, pénalisée par une demande intérieure faible et une consommation privée modérée. Les marchés émergents hors Chine profitent, eux, du commerce mondial résilient et des flux d'investissement dans les chaînes d'approvisionnement technologiques et manufacturières.

Valorisations et signaux d'alerte à surveiller

La prime de risque composite des actions américaines — soit la surperformance que les investisseurs obtiennent par rapport au taux sans risque en détenant des actions — s'établit à 250 points de base, soit environ la moitié de sa moyenne historique. Pictet AM l'interprète comme une contrainte sur les rendements à moyen terme, non comme un signal de vente immédiate.

Deux seuils méritent attention : une nouvelle hausse de 50 points de base des rendements des bons du Trésor américain à 10 ans, ou une hausse de 10 à 15% du multiple de valorisation du S&P 500, ferait basculer les valorisations relatives dans une zone qui a historiquement précédé de fortes corrections. Les indicateurs techniques restent en revanche favorables aux actions, les fonds alternatifs devant déployer une part plus importante de leurs liquidités d'ici la fin d'année.

Secteurs et régions : la croissance des bénéfices comme boussole

Le critère de sélection est unique et explicite : les régions et secteurs retenus sont ceux qui offrent les meilleures perspectives de croissance des bénéfices. Les valorisations, les récits thématiques et les consensus médiatiques passent au second plan.

Marchés émergents hors Chine : la conviction la plus forte

Le modèle top-down de Pictet AM — construit sur les prévisions macro ajustées des publications effectives — anticipe une croissance des bénéfices des pays émergents supérieure de 66% à celle de 2025. Pour mémoire, la croissance attendue aux États-Unis est de 30% et de 15% dans la zone euro. Le PIB des marchés émergents est attendu à +3,8% en 2026, contre +1,6% pour les pays développés.

La demande chinoise d'importations en provenance des marchés émergents reste soutenue malgré la faiblesse de l'économie intérieure chinoise, préservant des conditions extérieures favorables. Les flux de capitaux positifs et la demande croissante de métaux industriels liée à l'électrification consolident l'argument. La position est surpondérée sur cette zone.

États-Unis et Europe : neutralité assumée

La situation américaine est plus contrastée. Les dépenses d'investissement liées à l'IA et la solidité du marché du travail constituent des points d'appui. Mais à ce stade, peu d'éléments attestent que ces investissements se traduisent par une productivité accrue ou une croissance économique durablement plus forte. Dans l'attente d'une telle confirmation, le positionnement retenu est neutre.

L'Europe est également neutre. L'impulsion budgétaire est réelle, mais la vulnérabilité de la région face aux prix élevés du pétrole la compense. Le bilan net n'est pas suffisamment favorable pour justifier une surpondération.

Secteurs : informatique en tête, industriels rétrogradés

Secteur Position Justification principale
Informatique Surpondéré Croissance des bénéfices, investissements IA, valorisations en décote relative
Financières Surpondéré Taux d'intérêt élevés, vigueur des emprunts d'entreprises
Biens de consommation discrétionnaire Neutre (relevé) Normalisation de l'inflation, stabilisation de l'emploi américain
Industriels Neutre (abaissé) Exposition excessive aux coûts énergétiques et aux taux
Biens de consommation de base Sous-pondéré Caractère trop défensif, difficultés structurelles d'adaptation

Un point clé sur les valeurs IA à forte capitalisation : selon l'analyse de Pictet AM, ces entreprises représentent encore environ 41% des bénéfices mondiaux totaux et les deux tiers de la croissance mondiale des bénéfices. Fait notable pour la première fois depuis le début du cycle IA : leur ratio cours/bénéfices à terme sur 12 mois s'est établi en dessous de la moyenne du marché global, ce qui constitue une donnée nouvelle dans la construction du discours haussier sur le secteur. Les valeurs prises en compte dans cette analyse incluent Nvidia, Microsoft, Broadcom, Meta, Amazon, Alphabet, Oracle, Palantir, AMD, ASML, TSMC, SAP, Samsung, SK Hynix et une trentaine d'autres acteurs de l'écosystème IA mondial (source : MSCI, LSEG, Pictet Asset Management, données au 23.09.2026).

Obligation souveraine et tableau de taux de change sur bureau en marbre
Illustration générée par IA

Obligations et devises : 4% ne suffit pas à déclencher un achat

Le rendement moyen de l'indice Bloomberg Treasury (obligations d'État mondiales) a franchi 4% pour la première fois depuis l'an 2000. En parallèle, le rendement sur bénéfices du S&P 500 est à son plus bas niveau relatif face aux obligations souveraines depuis plus de vingt ans. La tentation d'un arbitrage vers les titres à revenu fixe est compréhensible. Pictet AM ne la suit pas pour autant.

Pourquoi la neutralité est maintenue sur les souverains développés

Les titres souverains à courte échéance semblent certes bon marché : les marchés anticipent davantage de hausses de taux de la Fed que ce que Pictet AM juge probable, compte tenu d'une dynamique sous-jacente de l'inflation de base qui reste contenue. Mais trois facteurs pèsent contre une surpondération :

  • Déficits publics obstinément élevés, exerçant une pression structurelle à la hausse sur les coûts d'emprunt souverains.
  • Croissance américaine et mondiale qui continue de dépasser les prévisions consensuelles, ce qui réduit l'urgence d'un assouplissement monétaire.
  • Risque lié au nouveau cadre de politique monétaire de la Fed : Kevin Warsh, nouveau président de la Fed, a annoncé un réexamen de la manière dont l'institution mesure l'inflation et prévient les dépassements futurs. Tout changement d'orientation pourrait provoquer une nouvelle hausse des taux longs.

Face à ces incertitudes, la position reste neutre sur les obligations d'État des marchés développés. La surpondération de l'or est maintenue pour se couvrir contre un changement imprévu du cadre monétaire américain et contre de nouveaux chocs géopolitiques.

Dette émergente en devise locale : l'exception positive

Les obligations émergentes en devise locale offrent un profil différent. Contrairement aux épisodes passés, les économies émergentes ont démontré une résilience notable depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l'Iran : la croissance est restée ferme, soutenue par la consommation intérieure et les exportations. Les devises émergentes ont affiché une volatilité moindre que lors des précédents chocs énergétiques.

L'indice JPMorgan GBI-EM indique que les rendements des obligations en devise locale n'ont progressé que de 60 points de base en moyenne sur la période, contre plus de 100 points de base sur le marché obligataire américain. Cet écart reflète une stabilité structurelle nouvelle de cette classe d'actifs. La position est donc surpondérée sur la dette émergente en devise locale.

Vue d'ensemble des marchés mondiaux : l'effondrement obligataire en détail

Le mois de septembre 2026 a été marqué par une correction violente et généralisée des marchés obligataires. L'explosion des prix de l'énergie et les inquiétudes croissantes autour du service de la dette publique américaine — dont l'encours atteint 40 000 milliards de dollars — ont constitué le principal catalyseur.

Le marché des bons du Trésor américain a subi sa plus forte correction hebdomadaire jamais enregistrée, propulsant le rendement à 10 ans au-dessus de 5,2%, un niveau inédit depuis 2007. Le rendement à 30 ans a franchi 5,5% pour la première fois depuis 2004 (source : LSEG, Pictet Asset Management, données au 23.09.2026).

Les obligations d'État européennes ont reculé de plus de 2%. Les inquiétudes autour des perspectives budgétaires françaises, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, ont poussé l'écart de rendement entre la France et l'Allemagne à son niveau le plus élevé depuis la crise financière de 2008. Les obligations des marchés émergents n'ont pas été épargnées : le raffermissement du dollar et la hausse des prix de l'énergie ont pesé sur les économies importatrices nettes.

Actions : résistance sectorielle à géométrie variable

Les marchés actions mondiaux ont clôturé le mois en territoire négatif, les investisseurs anticipant un durcissement monétaire chez les grandes banques centrales dans le sillage de la Fed. Les secteurs sensibles aux taux — immobilier, services aux collectivités — ont enregistré les replis les plus marqués. Les matériaux et les biens de consommation discrétionnaire ont également reculé sous l'effet de leur sensibilité cyclique.

À l'inverse, les services informatiques et de communication ont résisté, portés par des résultats et des prévisions solides qui ont incité les investisseurs à renforcer leurs positions. Le secteur de l'énergie a terminé le mois quasi stable.

Par zone géographique :

  • Actions américaines : clôture du mois globalement inchangée.
  • Autres marchés développés : repli d'environ 1%.
  • Amérique latine : meilleures performances, en hausse d'environ +0,6%, portée par la vigueur des matières premières.
  • Asie : progression de +0,3%, avec des flux entrants dans les secteurs technologiques et de la fabrication de pointe.

Énergie et devises : dollar fort, yen volatil

Les cours du pétrole ont bondi de près de 18% sur le seul mois de septembre 2026, portant la hausse depuis le début de l'année à plus de 70%. Ce choc énergétique constitue la toile de fond de l'ensemble des mouvements décrits ici.

Sur le marché des changes, le dollar s'est apprécié face à l'ensemble des grandes devises dans le sillage du relèvement de taux de la Fed. Le yen a affiché une forte volatilité mensuelle — signes d'intervention à la hausse, puis recul en réaction au resserrement américain — pour finir le mois en gain de plus de 1%. L'euro, la livre sterling et le franc suisse ont chacun perdu environ 2% face au dollar (source : LSEG, Pictet Asset Management).

Synthèse du baromètre octobre 2026 : positions par classe d'actifs

Classe d'actifs / Zone Position Logique principale
Actions mondiales Surpondéré Croissance des bénéfices >30% MSCI World, IA >50% de la croissance mondiale
Marchés émergents (actions) Surpondéré Bénéfices +66% vs 2025, PIB EM +3,8%, chaînes d'approvisionnement tech
Actions américaines Neutre IA non encore traduite en productivité mesurable
Actions européennes Neutre Impulsion budgétaire contrebalancée par la vulnérabilité pétrolière
Informatique (secteur) Surpondéré 41% des bénéfices mondiaux, décote relative sur PER 12 mois
Financières (secteur) Surpondéré Taux élevés, emprunts d'entreprises solides
Biens de consommation discrétionnaire Neutre (relevé) Normalisation inflation, emploi stable
Industriels Neutre (abaissé) Sensibilité énergie/taux trop forte
Biens de consommation de base Sous-pondéré Défensif non rentable + difficultés structurelles
Obligations d'État développés Neutre 4% attrayant mais risques budgétaires et Fed persistants
Dette émergente devise locale Surpondéré +60 pb de rendement seulement vs +100 pb US, résilience avérée
Or Surpondéré Couverture contre choc de politique monétaire Fed et risques géopolitiques
Liquidités Sous-pondéré Déploiement attendu des fonds alternatifs d'ici fin d'année

Ce tableau synthétise les positions publiées par Pictet Asset Management dans son baromètre d'octobre 2026. Les appréciations sont fondées sur les modèles internes de la société de gestion et reflètent un jugement à la date de publication. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en actions ou en obligations comporte un risque de perte en capital. La liquidité des instruments mentionnés n'est pas garantie.

Lire un baromètre mensuel est utile pour calibrer son regard sur les marchés. Mais la traduction en allocation patrimoniale concrète — répartition entre assurance vie, [investissement en SCPI](https://finconnexion.com/investir-en-scpi/) ou [private equity](https://finconnexion.com/investir-private-equity/) — exige une analyse indépendante des frais réels, des conflits d'intérêts et de la cohérence avec votre situation propre. Pour faire ce travail sans conflit d'intérêts avec un distributeur, [prenez contact avec un conseiller indépendant](https://finconnexion.com/nos-offres/).

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