Mai 2026 marque un tournant majeur avec une envolée des semi-conducteurs et des actions informatiques, révélant une solidité des fondamentaux d’entreprise inédite depuis plusieurs années.
- Bénéfices exceptionnels : 99 % des sociétés informatiques du S&P 500 ont dépassé les attentes, avec des marges nettes en expansion progressive jusqu’à 17 % en 2028.
- Valorisations attractives : La médiane des actions américaines se négocie à 17,7 fois les bénéfices anticipés, bien en deçà des pics antérieurs, offrant un potentiel de gains durables.
- Repositionnement obligataire : Les obligations souveraines développées sont sous-pondérées face à la hausse des taux (4,7 % à 10 ans aux États-Unis) et au risque inflationniste persistant.
- Secteurs porteurs : Technologie, semi-conducteurs, industries et marchés émergents hors Chine bénéficient de dépenses d’investissement en IA en croissance de 10 % annuels.
- Diversification stratégique : Crédit d’entreprise, dette émergente locale et private equity complètent utilement une allocation équilibrée.
Le mois de mai 2026 restera marqué dans les annales : l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie (SOX) a bondi de 25 % en un seul mois, tandis que les actions informatiques du S&P 500 s’envolaient de 18 %. Ces chiffres ne sont pas anecdotiques. Ils traduisent une dynamique de fond qui recompose profondément les équilibres de portefeuille pour quiconque cherche à anticiper les tendances plutôt qu’à les subir.
Un baromètre des entreprises au vert : ce que disent vraiment les bénéfices
Les résultats du premier trimestre 2026 ont surpris par leur ampleur. 99 % des sociétés informatiques du S&P 500 ont dépassé les attentes de bénéfices, contre 84 % pour l’ensemble de l’indice, selon les données LSEG I/B/E/S. Ce n’est pas un simple effet de base : les analystes révisent leurs estimations à la hausse à la cadence la plus soutenue depuis 2004, pendant que les bénéfices par action dépassent le consensus dans des proportions inédites depuis plus de quatre ans.
La croissance du chiffre d’affaires confirme cette solidité. Sur l’ensemble des secteurs représentés dans l’indice MSCI, les résultats ont excédé les attentes de manière cohérente. Le pouvoir de fixation des prix des entreprises s’avère nettement supérieur à ce que le marché anticipait, même dans un contexte inflationniste. La marge bénéficiaire nette des entreprises américaines devrait passer de 15 % actuellement à 16 % l’an prochain, puis à 17 % en 2028, selon les projections de Pictet Asset Management.
Pour un investisseur attentif aux fondamentaux, cette dynamique mérite d’être mise en perspective avec la valorisation. La médiane des actions américaines se négocie à 17,7 fois les bénéfices anticipés à 12 mois, bien en deçà du pic proche de 20 fois atteint l’an dernier. La concentration du rebond sur quelques valeurs technologiques inquiète certains opérateurs, mais l’analyse historique d’épisodes comparables montre qu’un leadership de marché restreint n’a pas constitué un obstacle aux performances futures : un élargissement progressif peut soutenir la poursuite des gains.
Les marchés émergents hors Chine affichent également une résilience remarquable. En Corée et à Taïwan, la hausse des exportations liées à l’IA a compensé l’impact de la hausse des prix du pétrole. Les devises des pays importateurs de pétrole se sont dépréciées trois fois moins fortement que lors des précédents chocs pétroliers, signe d’une économie émergente structurellement plus solide qu’avant.
Obligations, devises et risque inflationniste : repositionner son allocation
L’ennemi des marchés obligataires n’a pas changé de visage. Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans ont atteint 4,7 %, ceux à 30 ans 5,2 %, des niveaux inédits depuis près de vingt ans. Les obligations allemandes à 10 ans évoluent près de leurs plus hauts de 15 ans. Cette tension reflète une réalité simple : l’indice PCE sous-jacent dépasse déjà l’objectif de la Fed de 1,3 point de pourcentage, et la masse monétaire américaine progresse à 10 % en rythme annualisé.
Face à ce contexte, la recommandation sur les obligations souveraines des marchés développés passe à sous-pondérer, tandis que les actions américaines sont relevées à surpondérer. La dette en devise locale des marchés émergents offre, elle, un profil plus attractif : l’écart de croissance du PIB entre économies émergentes et développées devrait se creuser à 260 points de base cette année, contre 240 en 2025. L’Amérique latine se distingue notamment par des rendements réels élevés.
| Classe d’actifs | Positionnement recommandé | Principale justification |
|---|---|---|
| Actions américaines | Surpondérer | Bénéfices en hausse, marges résilientes |
| Actions émergentes hors Chine | Surpondérer | Résilience énergétique, dynamique IA |
| Obligations souveraines développées | Sous-pondérer | Risque inflationniste, hausse des taux |
| Dette émergente en devise locale | Surpondérer | Rendements réels attractifs |
| Chine actions | Neutre | Demande intérieure et immobilier faibles |
Sur le marché des changes, le yen japonais reste la seule devise surpondérée, la seule à ressortir bon marché par rapport à son historique de 20 ans. Le franc suisse est ramené à neutre, en raison du risque lié au prochain référendum sur le plafonnement de la population, susceptible de créer de la volatilité. Pour une allocation diversifiée intégrant des actifs réels, les SCPI logistique aux fondamentaux solides méritent d’être examinées avec soin dans ce contexte de tension sur les taux.

Secteurs porteurs et stratégies d’investissement pour capitaliser sur la dynamique
La concentration du rebond sur la technologie soulève une question pratique : comment construire une allocation qui capture cette tendance sans s’y exposer exclusivement ? Voici les secteurs à privilégier selon la dynamique actuelle :
- Technologie et semi-conducteurs : goulots d’étranglement persistants sur les puces mémoire, solides flux de trésorerie opérationnels, performances cumulées de 168 % sur cinq ans.
- Valeurs industrielles : bénéficiaires directs des dépenses mondiales en infrastructures et des programmes d’électrification.
- Marchés émergents hors Chine : résilience prouvée face au choc énergétique, notamment en Corée et à Taïwan.
- Crédit d’entreprise : les marchés investment grade et haut rendement profitent de l’amélioration des dynamiques de bénéfices.
Les dépenses d’investissement liées à l’IA aux États-Unis progressent à 10 % par an, soit plus du double du taux moyen historique de 4,5 %. Cette tendance compense la faiblesse de l’investissement résidentiel et soutient mécaniquement les valorisations technologiques. Une vague d’introductions en bourse se prépare également : SpaceX, OpenAI et Anthropic figurent parmi les candidats les plus attendus, avec un potentiel de levées dépassant le record de 156 milliards de dollars atteint en 2021.
Pour les investisseurs souhaitant bénéficier de cette dynamique sans exposition directe aux marchés cotés, le private equity français offre une alternative sélective. Les rendements annuels supérieurs à 16 % que peut délivrer cette classe d’actifs, accessibles via des fonds habituellement réservés aux institutionnels, représentent une piste sérieuse pour qui cherche à diversifier au-delà des actions cotées.
L’or, en revanche, ressort nettement surévalué dans l’univers des matières premières selon les modèles de valorisation actuels. Le pétrole a perdu 18 % en mai 2026, sa plus forte baisse mensuelle en six ans, portée par les espoirs d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Dans ce contexte de marchés résistants malgré le risque stagflationniste, la sélectivité sectorielle et géographique reste le critère discriminant pour préserver et développer un patrimoine diversifié sur les prochains trimestres. L’assurance vie, intégrant des unités de compte exposées aux marchés actions et au crédit émergent, peut constituer un véhicule d’enveloppe fiscale pertinent pour capter ces opportunités tout en sécurisant l’antériorité fiscale via la loi PACTE.



