Les marchés actions atteignent des sommets malgré le risque de stagflation persistante en économies développées.
- Soutiens principaux : résultats trimestriels solides, dynamique de l’IA avec croissance des revenus de 20-30 %, consommation américaine robuste
- Risques majeurs : inflation persistante, prix du pétrole au-delà de 100 dollars, tensions géopolitiques au Moyen-Orient et détroit d’Ormuz
- Zones vulnérables : Europe pénalisée par l’exposition énergétique, marchés émergents dépendants des routes maritimes
- Stratégies recommandées : diversification vers actifs non corrélés, SCPI indexées sur l’immobilier, private equity pour rendements décorrélés des cycles macroéconomiques
Les grands indices boursiers mondiaux évoluent à des niveaux proches de leurs sommets historiques, alors même que le spectre d’une stagflation persistante plane sur les économies développées. Ce paradoxe mérite qu’on s’y attarde sérieusement. Comment des marchés actions peuvent-ils afficher une telle robustesse face à une conjonction de pressions inflationnistes et de risques pesant sur la croissance ?
La stagflation désigne précisément cette situation inconfortable où l’inflation reste élevée tandis que la croissance économique ralentit. Historiquement, les années 1970 en constituent l’exemple le plus documenté, avec le choc pétrolier de 1973 qui avait paralysé les économies occidentales pendant plusieurs années. Aujourd’hui, le contexte diffère sur plusieurs points structurels, mais les ingrédients d’un scénario comparable commencent à s’assembler : tensions géopolitiques durables, prix de l’énergie sous pression et signaux macroéconomiques contradictoires.
Les résultats d’entreprises, premier rempart contre la stagflation
Paradoxalement, c’est du côté des publications trimestrielles que vient la première explication. Les résultats du premier trimestre 2025 ont largement dépassé les attentes des analystes, aussi bien aux États-Unis que sur les marchés émergents. L’Europe a affiché une performance plus modeste, sans pour autant décevoir franchement. Cette solidité opérationnelle des entreprises cotées constitue le soutien le plus tangible aux valorisations actuelles.
Il ne s’agit pas d’un phénomène sectoriel isolé. Les deux pôles du marché — la value d’un côté avec l’énergie, la croissance de l’autre avec la technologie — tirent simultanément les indices vers le haut. Le milieu du spectre, en revanche, progresse très faiblement. Cette configuration bipolaire reflète une résilience sélective plutôt qu’un optimisme généralisé. Pour un investisseur souhaitant positionner son patrimoine avec discernement, la concentration et l’agilité face aux risques sur les marchés actions en 2025 deviennent des critères de sélection déterminants.
Par ailleurs, le scénario de croissance n’a pas encore été formellement remis en cause par les indicateurs avancés. La consommation américaine reste robuste. Les indicateurs de production montrent certes des signes de fatigue, mais rien qui ressemble à un décrochage. Tant que ces fondamentaux tiennent, la thèse stagflationniste reste un risque identifié, pas encore une réalité inscrite dans les données.
| Zone géographique | Dynamique des constats T1 2025 | Attractivité des valorisations |
|---|---|---|
| États-Unis | Excellente — au-dessus des attentes | Élevée, mais soutenue par la croissance des revenus |
| Marchés émergents / Asie | Très solide, notamment sur la tech | Plus attractive que les US à multiples comparables |
| Europe | Correcte, sans déception majeure | Pénalisée par l’exposition aux tensions géopolitiques |
Stéphane Vonthron, associé chez Lombard Odier Investment Managers — gestionnaire d’actifs suisse fort de 230 ans d’histoire et de 70 milliards d’euros sous gestion — résume bien cette lecture : la qualité des publications trimestrielles a joué le rôle d’amortisseur face aux turbulences macroéconomiques. Le baromètre confirmant la solidité des actions US et émergentes illustre d’ailleurs concrètement cette tendance sur les dernières semaines.
L’IA et le pétrole : deux forces opposées qui façonnent les marchés
La technologie liée à l’intelligence artificielle reste le moteur le plus puissant de la performance boursière. Des taux de croissance des revenus compris entre 20 % et 30 % sur un an glissant permettent aux valeurs IA d’absorber des corrections de cours sans perdre leur attrait fondamental. Une pause de six mois sur un titre peut suffire à contracter les multiples de valorisation de 3 à 5 fois, rendant ces actifs à nouveau attractifs très rapidement. C’est précisément ce mécanisme qui explique pourquoi les corrections ne dégénèrent pas en tendance baissière durable.
Face à cette dynamique technologique, le risque pétrolier constitue la menace symétrique. Les tensions géopolitiques autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz maintiennent les cours du brut au-dessus de 100 dollars le baril depuis plusieurs semaines. Lombard Odier IM estime que six mois consécutifs au-delà de ce seuil suffiraient à compromettre sérieusement les profils de croissance des économies dépendantes des importations énergétiques — l’Europe en tête. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a récemment atteint son point bas, ce qui confirme que la situation est loin d’être normalisée.
- Facteurs de soutien des marchés : qualité des résultats trimestriels, dynamique de l’IA, robustesse de la consommation américaine
- Facteurs de risque identifiés : inflation persistante, prix du pétrole supérieurs à 100 $, tensions géopolitiques au Moyen-Orient
- Zones sous surveillance : Europe (exposition énergétique), marchés émergents (dépendance aux approvisionnements via routes maritimes)
Les valeurs industrielles européennes face aux défis de résistance illustrent parfaitement cette dichotomie : solides sur le plan opérationnel, elles restent structurellement pénalisées par leur exposition aux coûts énergétiques et aux disruptions logistiques.

Diversification patrimoniale : les stratégies à privilégier dans ce contexte
La résilience des marchés ne dispense pas d’une vigilance accrue sur la construction de portefeuille. Le risque stagflationniste est un risque de durée, pas un choc ponctuel. Cela impose d’intégrer des actifs peu corrélés aux cycles inflationnistes classiques. Les petites valeurs affichant de meilleures performances que le CAC 40 méritent à ce titre une attention particulière pour les investisseurs cherchant à diversifier leur exposition aux marchés domestiques.
Au-delà des marchés cotés, certains véhicules d’investissement offrent une protection structurelle contre l’inflation. Les SCPI, par exemple, génèrent des revenus indexés à l’immobilier physique, peu sensibles aux fluctuations boursières à court terme. Si vous souhaitez chercher cette piste, investir en SCPI via Finconnexion permet d’accéder aux meilleures structures françaises et européennes avec une remise pouvant atteindre 4 % du montant investi.
Pour les patrimoines cherchant à capter la prime de risque des actifs non cotés, le private equity constitue une alternative sérieuse. Avec des rendements historiquement supérieurs à 16 % annuels pour les meilleurs fonds institutionnels, cette classe d’actifs compense largement la volatilité des marchés actions dans une allocation patrimoniale équilibrée et de long terme. L’exposition à des moteurs de croissance décorrélés des cycles macroéconomiques traditionnels devient, dans un milieu stagflationniste potentiel, un avantage compétitif réel pour tout investisseur soucieux de préserver et d’optimiser son capital.



