L’ASPIM-IEIF publie ses chiffres trimestriels : 719 millions d’euros de collecte nette au T1 2026, portés par les SCPI en rebond.
- Les SCPI enregistrent 1,155 milliard d’euros de collecte nette, en hausse de 10 % annuellement, tandis que les OPCI et sociétés civiles affichent des décollectes
- Les SCPI diversifiées captent 72 % de la collecte brute, révélant une préférence marquée pour les véhicules multi-secteurs face aux risques bureaux
- Le taux de distribution moyen atteint 1,14 %, mais 48 % des SCPI ont réduit leurs acomptes de 15 % due à la pression locative
- Les parts en attente baissent à 2,4 milliards d’euros (2,8 % du marché), grâce aux suspensions de capitalisation et aux marchés secondaires organisés
Le 18 mai 2026, l’ASPIM-IEIF a publié ses chiffres trimestriels sur les fonds immobiliers grand public : 719 millions d’euros de collecte nette pour l’ensemble du marché au premier trimestre, portés presque intégralement par le rebond des SCPI. Un signal positif, mais qui mérite d’être disséqué avant d’orienter la moindre décision d’allocation.
Les SCPI tirent la reprise, mais le marché reste fragmenté
Derrière le chiffre global de 719 millions d’euros se cachent des réalités très disparates. Les SCPI enregistrent à elles seules 1,155 milliard d’euros de collecte nette, en hausse de 10 % sur un an, tandis que les OPCI grand public affichent une décollecte de 276 millions d’euros et les sociétés civiles en unités de compte immobilières une sortie nette de 160 millions d’euros. Sans les SCPI, le bilan trimestriel serait franchement négatif.
La capitalisation agrégée des trois catégories atteint 120,1 milliards d’euros au 31 mars 2026. Celle des SCPI représente 88,7 milliards, soit un léger recul de 0,5 % sur le trimestre, mais une progression de 3 % sur douze mois — signe que la dynamique annuelle reste orientée positivement.
Sur la collecte brute des SCPI, qui atteint 1,4 milliard d’euros au trimestre (+ 7 % sur un an), la répartition par type de stratégie est instructive :
- SCPI diversifiées — 72 % de la collecte brute trimestrielle
- SCPI à prépondérance bureaux : 20 % de la collecte brute
- Autres typologies : le solde restant
Les investisseurs privilégient clairement les véhicules multi-secteurs, capables d’absorber les chocs sectoriels plutôt que de les concentrer. La défiance envers les SCPI mono-bureau reste perceptible — un positionnement qui reflète une lecture attentive des fondamentaux locatifs.
Liquidité et revenus : deux indicateurs sous surveillance
La question de la liquidité des parts de SCPI reste le point de vigilance central pour quiconque gère un patrimoine immobilier significatif. Les parts en attente de cession s’établissent à 2,4 milliards d’euros, soit 2,8 % de la capitalisation totale du marché. Ce niveau recule de 14 % sur le trimestre — une amélioration réelle, mais à nuancer fortement.
L’ASPIM précise que ce recul intervient dans un contexte de suspensions temporaires de la variabilité du capital pour plusieurs véhicules, avec remise à zéro des carnets d’ordres et activation de marchés secondaires organisés. Parmi les SCPI concernées en 2026 figurent notamment Primopierre, Crédit Mutuel Pierre 1, LF Large Paris Patrimoine, Selectinvest 1, Perial Grand Paris, Perial 02 et Opus Real. Ces dispositifs techniques ont mécaniquement contribué à réduire les chiffres de parts en attente, sans que la demande structurelle de sortie ait nécessairement disparu.
| Indicateur | T1 2026 | Évolution |
|---|---|---|
| Taux de distribution moyen SCPI | 1,14 % | + 0,01 pt vs T1 2025 |
| Acompte moyen pondéré par capitalisation | — | – 6,7 % |
| Taux d’occupation financier (TOF) 2025 | 91,3 % | vs 92,2 % en 2024 |
| Prix moyen SCPI capital variable | — | – 0,1 % |
| Prix moyen SCPI capital fixe | — | – 20 % |
Le taux de distribution moyen de 1,14 % au premier trimestre 2026 paraît stable en surface. Mais 48 % des SCPI ont réduit leurs acomptes, avec une baisse moyenne d’environ 15 % pour ces véhicules. La pression locative sur les bureaux explique une partie de ce recul : départs de locataires, renégociations, allongement des délais de relocation. Le taux d’occupation financier qui s’érode progressivement depuis 2023 (93,3 %) en est le reflet fidèle.

OPCI et sociétés civiles : la décollecte ralentit sans s’inverser
Les OPCI immense public continuent de perdre des encours. Leurs sorties nettes de 276 millions d’euros au T1 2026 représentent certes un recul de 42 % par rapport au trimestre précédent, mais la mode de fond reste négative. Leur actif net s’établit à 10,7 milliards d’euros, pour une performance globale de – 0,1 % depuis janvier 2026. Ces véhicules hybrides, exposés partiellement aux marchés cotés, subissent une double peine : volatilité boursière et pression immobilière.
Du côté des sociétés civiles en unités de compte immobilières, la décollecte atteint 160 millions d’euros — inférieure aux 412 millions du trimestre précédent, mais très au-dessus des 60 millions observés un an plus tôt. Leur actif net de 20,7 milliards d’euros et leur performance de – 0,5 % depuis le début de l’année dessinent un tableau qui incite à la prudence avant tout arbitrage en assurance-vie.
Vers une sélectivité accrue dans le choix des SCPI
Face à ces données, la stratégie patrimoniale gagnante ne consiste pas à acheter « les SCPI » en bloc, mais à identifier les véhicules qui combinent collecte positive, taux d’occupation solide et absence de parts en attente. La divergence croissante entre SCPI à capital variable (quasi-stables en prix) et SCPI à capital fixe (- 20 % en prix moyen) illustre à quel point la sélection prime désormais sur la diversification aveugle.
Un levier concret : accéder aux meilleures SCPI françaises et européennes via une plateforme spécialisée permet de bénéficier d’un remboursement immédiat jusqu’à 4 % du montant investi, ou de 2 % sur les SCPI sans frais d’entrée. Finconnexion propose précisément cette sélection rigoureuse, avec un accès aux véhicules les mieux positionnés du marché.
La prochaine publication trimestrielle de l’ASPIM-IEIF sera déterminante : si les parts en attente continuent de refluer et que le TOF se stabilise autour de 91 %, la reprise pourra être qualifiée de durable. Dans le cas contraire, la sélectivité dans l’allocation resterait la seule réponse rationnelle à un marché qui se normalise à deux vitesses.


