PMI septembre 2026 : croissance solide, inflation tenace, 100 pb de hausses anticipés
Salle de marchés avec courbes de taux obligataires en hausse sur écrans

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Table des matières

L'essentiel en 30 secondes

  • Le PMI composite américain atteint 58,4 en septembre 2026, plus haut depuis cinq ans, mais les composantes prix payés (68,1 aux États-Unis, 70,3 en Zone euro) signalent une inflation d'entreprises encore active.
  • Le marché intègre désormais près de 100 points de base de hausses supplémentaires pour la Fed et la BCE d'ici fin 2027, avec un taux américain à 10 ans monté jusqu'à 5,2 %.
  • Le spread OAT-Bund à 110 pb dépasse celui de l'Italie (95 pb) : le marché valorise un risque politique français distinct, lié à l'échéance présidentielle de 2027.
  • Le Brent se stabilise près de 108 $ faute d'accord sur le détroit d'Ormuz, avec une prime de risque géopolitique durable intégrée dans les cours.
  • Dans ce contexte *higher for longer*, la sélection des supports (SCPI sur critères fondamentaux, contrats luxembourgeois, *private equity* sans couche de frais cachée) prime sur la recherche du rendement affiché le plus élevé.

Les PMI de septembre 2026 ont surpris à la hausse des deux côtés de l'Atlantique. Mais derrière la robustesse de l'activité, les composantes prix accélèrent nettement. Le marché a immédiatement recalibré ses anticipations : près de 100 points de base de hausses supplémentaires sont désormais intégrés pour la Fed et la BCE d'ici fin 2027.

Poignée de main diplomatique au pied d'un avion officiel
Illustration générée par IA

Trêve commerciale Trump-Xi : report à janvier et allégements sur 60 Mds $

La semaine du 28 septembre 2026 a été marquée par un geste diplomatique inédit. Donald Trump a accueilli Xi Jinping au pied de l'avion, une mise en scène sans précédent depuis soixante ans. Au-delà du symbole, la rencontre a produit des résultats concrets.

La fin de la trêve commerciale, initialement prévue en décembre, est repoussée à janvier. Les deux puissances vont parallèlement alléger leurs droits de douane sur environ 60 Mds $ d'échanges bilatéraux : jouets et feux d'artifice côté américain, viande et équipements médicaux côté chinois.

Les sujets de friction structurels ont été soigneusement évités. Pékin s'est borné à un avertissement de principe sur Taïwan et n'a fourni aucun engagement sur le dossier iranien. La détente est réelle, mais limitée dans son périmètre.

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron a plaidé pour une pause dans les frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes et russes avant l'hiver. Donald Trump s'est dit convaincu qu'un accord sur l'Iran serait possible, mais pas avant les élections de mi-mandat. Le président iranien Pezeshkian a, de son côté, conditionné toute réouverture du détroit d'Ormuz à une levée des sanctions.

PMI de septembre 2026 : des indices qui écrasent le consensus

Les indices PMI composites de septembre ont largement dépassé les prévisions des économistes.

Zone / Indice Réalisé Attendu
Zone euro – PMI composite 53,1 51,7
États-Unis – PMI composite 58,4 55,3
Zone euro – Prix payés 70,3 —
États-Unis – Prix payés 68,1 —

Le PMI composite américain à 58,4 constitue son niveau le plus élevé depuis plus de cinq ans. Ce signal positif sur l'activité est immédiatement contrebalancé par les composantes d'inflation : les prix payés par les entreprises s'inscrivent à 70,3 en Zone euro et 68,1 aux États-Unis, deux niveaux très élevés qui signalent des pressions tarifaires encore actives.

La France fait figure d'exception négative. Le climat des affaires mesuré par l'Insee ressort à 96, contre 98 attendu, en recul. L'Allemagne tient en revanche une dynamique différente : l'enquête Ifo confirme une embellie portée par la relance budgétaire en cours.

Croissance solide, inflation tenace : les banques centrales maintiennent le cap

La conjonction d'une activité robuste et de pressions inflationnistes persistantes laisse peu de marge de manœuvre à la Fed et à la BCE. Le marché intègre désormais près de 100 points de base de hausses supplémentaires pour chacune des deux banques centrales d'ici fin 2027.

La réaction obligataire a été immédiate et brutale. Le taux américain à 10 ans est repassé au-dessus de 5 %, jusqu'à 5,2 %. Le 30 ans américain a touché 5,5 %, un plus haut depuis 2004. En Europe, le Bund à 10 ans monte à 3,60 % et l'OAT française à 4,7 %.

La France reste le maillon obligataire le plus sous pression de la Zone euro. La perspective de l'élection présidentielle de 2027 alimente la méfiance des investisseurs : l'écart OAT-Bund (spread) atteint 110 points de base, contre 95 pb pour l'Italie. Ce différentiel signale un risque politique domestique que le marché valorise désormais au-delà du risque souverain italien. Pour les investisseurs qui intègrent ces dynamiques dans leurs allocations, la construction d'un portefeuille obligataire diversifié mérite un regard indépendant.

Actions : la technologie porte les indices, l'Europe reste distancée

Sur la semaine, les marchés actions ont affiché un bilan positif, porté par un secteur technologique en forte accélération. Le lancement de Muse, le nouvel agent d'intelligence artificielle de Meta, propulsé en tête de l'App Store, a catalysé les flux. Meta a progressé de 13 % sur la semaine, entraînant le Nasdaq 100 en hausse de 3,3 %.

Depuis le 1er janvier 2026, l'écart de performance entre les deux zones reste significatif :

  • S&P 500 : +13,1 % depuis le début de l'année
  • Stoxx Europe 600 : +7,9 % sur la même période
  • Nasdaq 100 : performance hebdomadaire de +3,3 %

L'écart se creuse jusque dans la composition interne de la cote américaine, les valeurs technologiques de grande capitalisation surperformant largement le reste de l'indice.

Pétrolier traversant un détroit étroit sous surveillance militaire
Illustration générée par IA

Détroit d'Ormuz : négociations bloquées, le Brent repart vers 108 $

Les tensions autour du détroit d'Ormuz continuent de peser sur les marchés énergétiques. Les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort. Donald Trump a rejeté l'offre iranienne — réouverture du détroit contre cessation des combats, allègement des sanctions et déblocage des avoirs iraniens gelés. Washington estime Téhéran suffisamment affaibli pour maintenir une posture de maximalisme. Scott Bessent a pronostiqué que l'Iran ne serait plus en mesure d'exporter son pétrole vers la Chine dans un délai de deux semaines.

Des signaux d'accalmie ont brièvement pesé sur les cours. Selon des responsables américains, le trafic dans le détroit aurait retrouvé un plus haut de six mois : une soixantaine de navires commerciaux et environ 22 millions de barils échangés en une seule journée. L'Arabie saoudite a par ailleurs partiellement rouvert son oléoduc Est-Ouest, permettant de contourner le détroit. Le Brent est temporairement retombé sous les 100 dollars.

Ce répit a été de courte durée. La frappe d'un navire dans le détroit et l'absence de percée diplomatique ont renvoyé le Brent à environ 108 $, confirmant qu'une prime de risque élevée est structurellement intégrée tant qu'aucun accord durable n'est conclu.

Énergie : l'Europe face à une pression sur les carburants

La menace se déplace vers les marchés des carburants pour l'Europe. Washington étudie une réduction de ses exportations de diesel afin de contenir les prix à la pompe sur le territoire américain — un enjeu électoral direct pour Donald Trump, dont l'électorat agricole subit de plein fouet la flambée du gazole.

Cette décision, si elle se concrétise, compliquerait l'approvisionnement européen au moment où la Russie maintient ses propres restrictions à l'exportation. L'écart entre le Brent et le WTI s'est creusé à 12 $, reflétant ces tensions d'approvisionnement asymétriques.

Les réponses gouvernementales européennes restent de portée limitée :

  • France : autorisation exceptionnelle du gazole « été » jusqu'au 15 novembre, prolongation des aides aux secteurs agriculture, BTP et pêche
  • Allemagne et Italie : mesures analogues mises en place en parallèle

Ces dispositifs amortissent partiellement le choc, mais les marges budgétaires très contraintes de ces États limitent l'ampleur de l'intervention. La pression sur les coûts de production se transmet mécaniquement à l'inflation sous-jacente, renforçant le scénario higher for longer sur les taux directeurs.

Ce que ces signaux macro impliquent pour l'allocation d'actifs

La semaine du 28 septembre 2026 cristallise une configuration de marché inconfortable : l'activité reste solide, mais les prix ne décélèrent pas. Ce schéma valide la posture restrictive prolongée des banques centrales et pénalise mécaniquement les portefeuilles à duration longue.

Plusieurs implications directes méritent d'être identifiées :

  • Obligations souveraines à longue maturité : le 30 ans américain à 5,5 % et l'OAT à 4,7 % indiquent que le repricing n'est pas terminé. Un spread OAT-Bund à 110 pb intègre un risque politique 2027 croissant.
  • Actions technologiques américaines : la thématique IA continue de fonctionner comme refuge de croissance dans un environnement de taux élevés, mais la concentration des flux sur quelques valeurs accroît la vulnérabilité du portefeuille à un retournement de sentiment.
  • Énergie : la prime de risque géopolitique sur le Brent est durable tant que le dossier iranien reste sans résolution. Les secteurs exposés aux coûts énergétiques (logistique, industrie, agriculture) subissent une pression sur les marges.
  • France spécifiquement : la combinaison d'un climat des affaires dégradé (96 selon l'Insee), d'un spread souverain élevé et d'un contexte budgétaire contraint isole la France du reste de la Zone euro.

Dans ce contexte, la sélection des supports d'investissement gagne en importance. La diversification via des actifs réels comme les SCPI peut offrir une résilience partielle face à l'inflation, à condition d'analyser le taux de distribution, le taux d'occupation financier (TOF), le report à nouveau et le TRI long terme — et non le seul rendement affiché. Un fonds récent affichant un rendement élevé sans historique solide reste un signal d'alerte, pas un argument d'investissement.

Pour les allocations en assurance vie, la montée des taux oblige à réévaluer l'enveloppe : un contrat luxembourgeois offre un accès élargi aux unités de compte, le triangle de sécurité et le super-privilège, des avantages structurels que les contrats français ne répliquent pas. L'assurance vie en architecture ouverte prend tout son sens dans un environnement où la sélection des supports devient déterminante.

Enfin, la prime de risque élevée sur les marchés cotés réoriente une partie des flux vers le *private equity* accessible aux particuliers. Les formats Evergreen et ELTIF se multiplient, mais leurs fenêtres de liquidité contraintes et leurs couches de frais supplémentaires pèsent sur la performance nette réelle — un paramètre que les documents commerciaux minimisent systématiquement.

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