L'essentiel en 30 secondes
- Les Treasuries à 30 ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 19 ans en août ; la partie longue de la courbe américaine reste vulnérable en l'absence de consolidation budgétaire.
- Une hausse de la BCE en septembre est jugée très probable ; les relèvements supplémentaires anticipés au-delà paraissent beaucoup moins certains.
- Generali Investments maintient une légère surpondération des actions avec une préférence pour le crédit sur les obligations souveraines, et une duration négative aux États-Unis.
- La Chine affiche une croissance à deux vitesses : exportations et tech solides, demande intérieure atone, sans plan de relance global en vue.
- Quatre risques dominent le scénario adverse : escalade au Moyen-Orient, correction de l'IA, tensions sur le crédit privé, et défiance simultanée sur Treasuries et dollar.
Les rendements des Treasuries américains à 30 ans ont atteint en août leur plus haut niveau depuis 19 ans. Dans ce contexte de pression persistante sur la partie longue de la courbe, Generali Investments maintient une légère surpondération des actions, une sous-pondération des obligations souveraines américaines et une préférence marquée pour le crédit. Voici la lecture géographique et sectorielle qui sous-tend ces choix.

États-Unis : l'investissement des entreprises accélère, la consommation flanche
Les données publiées cet été dessinent un tableau contrasté. L'investissement des entreprises monte en régime, porté notamment par la demande liée à l'intelligence artificielle. La consommation, elle, montre des signes d'essoufflement.
- L'inflation sous-jacente dépasse encore 3 %, tirée par les biens dans un contexte de forte demande IA.
- Les créations d'emplois sont plus robustes et plus largement réparties que les anticipations de marché.
- La Fed renforce son biais restrictif : au moins un relèvement supplémentaire est attendu avant la fin de l'année, même si une action dès septembre reste difficile à trancher.
- L'augmentation des rachats de Treasuries à longue échéance pourrait temporairement contenir la pression vendeuse, mais elle entre en tension directe avec la volonté de Kevin Warsh d'alléger le bilan de la Fed.
En l'absence de consolidation budgétaire, la partie longue de la courbe américaine reste exposée. Les Treasuries à 30 ans au sommet de 19 ans ne sont pas un signal anecdotique : ils reflètent une prime de terme qui pourrait encore s'élargir si l'offre de papier souverain reste abondante.
Zone euro : sentiment de marché en amélioration, BCE en ordre de marche
Le mois d'août a prolongé la détente amorcée en zone euro. Le marché du travail reste stable, la confiance des consommateurs progresse, et les fondamentaux des entreprises continuent de s'améliorer.
- Le rebond des prix de l'énergie devrait soutenir l'inflation au troisième trimestre.
- Une hausse des taux de la BCE en septembre est désormais jugée très probable.
- Les relèvements supplémentaires anticipés par les marchés au-delà de septembre apparaissent, en revanche, beaucoup moins certains.
- Les spreads souverains périphériques devraient rester résilients, avec une vigilance particulière sur les OAT françaises.
Sur les actions zone euro, la position est neutre par rapport aux actions américaines. Les risques sont jugés globalement équilibrés, ce qui ne justifie pas de pari directionnel marqué entre les deux blocs.
Chine : les exportations tirent, la demande intérieure reste atone
La Chine continue d'afficher une croissance à deux vitesses. Les exportations et les secteurs technologiques restent bien orientés. La demande domestique, elle, ne redémarre pas.
- Le ralentissement de la demande intérieure fait peser un risque sur l'objectif de croissance du PIB chinois.
- Le discours des autorités est devenu plus accommodant, mais aucun plan de relance de grande ampleur n'est attendu.
- Les marchés intègrent donc un soutien limité et ciblé, pas un stimulus global.
Japon : résilience par les exportations, fragilité par la demande intérieure
Après plusieurs mois d'accalmie, l'inflation a accéléré en juillet au Japon. L'inflation sous-jacente a progressé de 1,9 %, tirée en grande partie par la hausse des prix des puces mémoire.
Le renforcement des pressions inflationnistes et la faiblesse persistante du yen créent les conditions d'un relèvement du taux directeur de la Banque du Japon en septembre. La demande intérieure, elle, reste insuffisante pour soutenir seule la croissance.
Marchés émergents : résilience relative dans un environnement difficile
Les marchés émergents ont globalement absorbé sans rupture la combinaison tensions géopolitiques et remontée des taux d'intérêt mondiaux. L'environnement macroéconomique s'est légèrement amélioré et l'inflation s'est stabilisée.
Generali Investments maintient une légère sous-pondération de la dette souveraine émergente dans son ensemble, avec une préférence pour la dette libellée en devise locale plutôt qu'en dollar. Ce positionnement reflète l'exposition au risque de change dans un contexte où le dollar conserve un soutien structurel à court terme.
Les allocations Generali Investments : la grille complète
Actions
La légère surpondération des actions est maintenue. Les résultats du deuxième trimestre sont robustes des deux côtés de l'Atlantique et l'environnement macroéconomique reste solide malgré la pression des taux. L'allocation géographique est équilibrée : position neutre entre actions zone euro et actions américaines, neutre également sur le secteur technologique américain.
Obligations
Le biais haussier des rendements obligataires mondiaux persiste. Trois facteurs l'alimentent : risques budgétaires, volume élevé d'émissions souveraines, incertitudes sur l'inflation. La préférence va au crédit — Investment Grade comme High Yield — plutôt qu'aux obligations souveraines. Les Treasuries américains sont sous-pondérés par rapport aux Bunds allemands.
| Classe d'actifs | Positionnement |
|---|---|
| Actions globales | Légère surpondération |
| Crédit Investment Grade | Surpondération |
| Crédit High Yield | Surpondération |
| Obligations souveraines (dont Treasuries) | Sous-pondération |
| Dette souveraine émergente | Légère sous-pondération |
| Liquidités | Sous-pondération |
Duration et devises : les paramètres techniques
La duration est neutre en zone euro et négative aux États-Unis. Les Treasuries américains apparaissent structurellement moins attractifs que les Bunds dans l'environnement actuel : déficit américain, offre abondante, incertitude sur la trajectoire de la Fed.
Sur les devises, le dollar reste soutenu par la résilience de l'économie américaine, mais deux freins limitent son potentiel d'appréciation : les incertitudes politiques et un positionnement directionnel déjà tendu. L'euro bénéficie de l'amélioration progressive des fondamentaux européens.
- EUR/USD : évolution sans tendance marquée à court terme, objectif à 1,18 en fin d'année.
- USD/JPY : globalement stable à court terme, orienté à la baisse sur un horizon de 12 mois.

Les risques à surveiller
Quatre scénarios adverses méritent une attention particulière dans les prochains mois :
- Escalade au Moyen-Orient : un conflit avec l'Iran qui basculerait vers une guerre régionale durable reste un scénario non écarté. Un accord rapide ou un désengagement américain sont également possibles, mais non assurés.
- Correction sur l'IA : les valorisations sont élevées, les anticipations de résultats ambitieuses, et le poids des grandes capitalisations technologiques dans les indices amplifie mécaniquement tout mouvement correctif.
- Tensions sur le crédit privé : l'effet de levier et la concentration dans certains segments pourraient raviver des craintes de risque systémique.
- Ventes simultanées Treasuries/dollar : une montée des incertitudes sur la politique économique américaine et sur les nominations à la Fed pourrait provoquer un mouvement de défiance simultané sur la dette et la monnaie américaines — scénario rare mais aux conséquences amplifiées.
Construire une allocation entre actions, crédit et obligations souveraines exige de décomposer les frais réels, les conflits d'intérêts et les rétrocessions que les analyses de maisons de gestion ne mentionnent pas. Finconnexion accompagne les investisseurs dans cette lecture indépendante, du choix des supports à l'arbitrage entre enveloppes — assurance vie, private equity ou SCPI. Pour affiner votre propre allocation en fonction de votre situation patrimoniale, [prenez contact avec un conseiller indépendant](https://finconnexion.com/nos-offres/).



