L’article en bref
Face à une croissance modérée de 3 % et une inflation persistante à 4 % en 2026, Allianz Global Investors préconise une allocation patrimoniale sélective plutôt que diversifiée par réflexe. Les taux élevés et durables imposent une révision profonde des stratégies d’investissement.
- Obligations souveraines : les primes de risque comprimées et les volumes d’émissions records exigent une grande prudence sur les marchés obligataires
- Crédit corporatif : Investment Grade et High Yield offrent des rendements attractifs grâce au carry, avec sélectivité requise sur banques et télécommunications
- Actions : un élargissement progressif au-delà des valeurs technologiques vers consommation, luxe et utilities décotées
- Actifs réels : SCPI, immobilier et private equity deviennent essentiels pour la résilience patrimoniale et la protection contre l’inflation
- Assurance vie : demeure un outil structurant avec enveloppe fiscale favorable et sélection qualifiée des supports
La croissance mondiale attendue à 3,0 % pour l’année 2026, conjuguée à une inflation persistante autour de 4 % à l’échelle planétaire : ce double constat dressé par Allianz Global Investors impose une relecture profonde des logiques d’allocation patrimoniale. Quand les taux restent durablement élevés, la prime va aux investisseurs capables d’arbitrer finement, pas à ceux qui diversifient par réflexe.
Taux élevés et inflation tenace : le nouveau régime qui redessine les allocations
La zone euro illustre parfaitement cette tension : une croissance limitée à 0,8 % en 2026, une Banque centrale européenne qui conserve un biais restrictif, et des primes de risque sur les dettes souveraines déjà très comprimées. Pour un patrimoine diversifié, ce contexte n’est pas neutre. Il appelle une révision des convictions, pas simplement un ajustement tactique de surface.
L’inflation actuelle n’obéit pas à un cycle classique. Les tensions énergétiques, les perturbations climatiques liées au phénomène El Niño et les incertitudes géopolitiques persistantes en font une réalité structurelle. Matthieu de Clermont, Directeur des Investissements Assurance et Stratégies Réglementaires chez Allianz GI, formule le diagnostic avec précision : l’inflation restera plus durablement élevée qu’anticipé, ce qui signifie des taux maintenus à des niveaux contraignants sur une période prolongée.
Sur les marchés obligataires souverains, trois facteurs imposent la prudence :
- Des primes de risque déjà fortement comprimées, avec peu de marge d’erreur
- Des volumes d’émissions à des niveaux records, susceptibles de tester la capacité d’absorption des marchés
- Un environnement politique européen plus volatil, qui peut amplifier brutalement les écartements de spreads
La conséquence directe : les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour absorber ces émissions. Un écartement progressif des spreads souverains à moyen terme devient un scénario plausible, non une hypothèse catastrophiste. Gérer un patrimoine significatif dans ce contexte impose de ne pas confondre rendement apparent et rendement ajusté du risque.
Crédit et actions : où la sélectivité fait vraiment la différence
Le marché du crédit corporatif a démontré une solidité remarquable face aux récents épisodes de stress. Lors des tensions les plus marquées, les écartements sont restés contenus : environ 20 points de base sur l’Investment Grade, jusqu’à 70 points de base sur le High Yield. Ce n’est pas de la chance, c’est la traduction d’une demande structurellement soutenue, portée par des niveaux de rendement redevenus attractifs.
Le carry reste le premier moteur de performance dans cet environnement. Les fondamentaux du crédit demeurent globalement sains : davantage d’upgrades que de downgrades côté Investment Grade, des taux de défaut modérés sur le High Yield, et des flux nets encore positifs. Vincent Marioni, CIO Credit chez Allianz GI, identifie deux secteurs particulièrement intéressants dans ce contexte : le secteur bancaire, qui bénéficie de marges d’intérêt en hausse et de bilans renforcés, et les télécommunications, soutenues par un potentiel de consolidation sectorielle et la fin d’un cycle d’investissements lourds.
| Segment crédit | Écartement de spread observé | Moteur principal |
|---|---|---|
| Investment Grade | ~20 points de base | Carry + qualité des émetteurs |
| High Yield | Jusqu’à 70 points de base | Rendement + sélectivité sectorielle |
Du côté des actions, la concentration autour des valeurs technologiques, notamment les semi-conducteurs et les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, continue de dominer. Les grandes dépenses en data centers portent les valorisations et les bénéfices des acteurs dominants. Mais la concentration des marchés actions et les risques associés à cette agilité tactique méritent un regard lucide : cette dynamique ne peut pas indéfiniment exclure le reste de la cote.
Isabelle de Gavoty, Directrice Actions Conviction/ISR Europe chez Allianz GI, anticipe un élargissement progressif des opportunités, notamment vers des segments jusqu’ici fortement pénalisés en Europe : consommation discrétionnaire, luxe, utilities, certaines valeurs cycliques décotées. La transition énergétique et le déploiement industriel de l’IA à l’ensemble de la chaîne de valeur ouvrent des angles d’attaque concrets, pour peu qu’on accepte de sortir du consensus technologique dominant.

Construire un patrimoine résilient : actifs réels, private equity et assurance vie
Face à des marchés cotés sous tension, les actifs réels et alternatifs retrouvent une logique de protection patrimoniale difficile à ignorer. Les stratégies immobilières fondées sur la sélectivité et la diversification illustrent bien cette dynamique : toutes les poches immobilières ne se comportent pas de la même façon face à l’inflation et aux taux, et la granularité de l’analyse détermine la qualité du rendement.
Les SCPI représentent un accès structuré à cette classe d’actifs, avec une liquidité et une mutualisation du risque que l’immobilier en direct ne peut pas offrir au même niveau. Investir en SCPI via Finconnexion permet d’accéder aux meilleures SCPI françaises et européennes, avec une remise pouvant atteindre 4 % du montant initial investi, ce qui améliore mécaniquement le rendement net dès l’entrée.
Le private equity mérite également une place dans une réflexion patrimoniale ambitieuse. Avec des rendements historiquement supérieurs à 16 % par an pour les meilleures stratégies, l’accès au private equity via des fonds institutionnels habituellement réservés aux grandes fortunes constitue un levier de différenciation réel, à condition d’accepter l’horizon long et l’illiquidité inhérents à cette classe d’actifs.
Enfin, l’assurance vie reste un outil de structuration patrimoniale capitale, notamment pour sa capacité à loger des supports diversifiés tout en conservant une enveloppe fiscale favorable. Dans un régime de taux élevés, la qualité du contrat et la pertinence des unités de compte sélectionnées font toute la différence entre une performance en ligne avec les marchés et une sous-performance silencieuse qui érode le patrimoine sur la durée.


