L'essentiel en 30 secondes
- L'inflation américaine à 3,4% en août 2026 force la Fed à maintenir un biais restrictif, avec l'emprunt à 10 ans au-dessus de 5,2% pour la première fois depuis 2007.
- La BCE a voté deux hausses récentes et devrait en conduire d'autres malgré une croissance européenne atone ; la France cumule instabilité politique, tensions budgétaires et chômage en hausse.
- La Chine, avec +4,3% de PIB au T2 2026 et une inflation maîtrisée, dispose d'une marge de relance que ni la Fed ni la BCE ne possèdent actuellement.
- La dispersion des performances YTD (de +0,11% à +15,88%) sur les fonds diversifiés confirme que la catégorie ne suffit pas comme critère de sélection : frais, duration et track record sur cycle complet sont indispensables.
- Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement en fonds comporte un risque de perte en capital.
La croissance mondiale tient mieux que prévu malgré des taux élevés et un contexte géopolitique dégradé. L'investissement lié à la révolution digitale et à la course aux armements soutient l'activité, mais l'état des finances publiques et une inflation persistante au-dessus des cibles des banques centrales constituent des risques structurels. Cette analyse s'appuie sur la lettre macroéconomique d'Emmanuel Auboyneau, gérant associé chez Amplegest, au titre des données arrêtées à fin août 2026.

États-Unis : croissance stable, inflation tenace
La consommation américaine reste solide. Les ventes au détail sont bien orientées et l'activité industrielle se maintient, portée par les dépenses liées au numérique et au secteur militaire. Le PIB affiche +2,2% en apparence, mais ce chiffre intègre un effet négatif du commerce extérieur, déficit structurel récurrent. Hors cette composante, la croissance se rapprocherait de 3%.
L'inflation américaine s'établit à 3,4% sur un an en août 2026, bien au-dessus de l'objectif de 2% de la Réserve Fédérale. La remontée des prix du pétrole en est le catalyseur direct, mais le risque d'effets de second tour — indexations salariales, anticipations — est désormais le vrai sujet de préoccupation.
La Fed a déjà relevé son taux directeur une fois et devrait procéder à une nouvelle hausse en 2026. L'emprunt d'État américain à 10 ans a franchi 5,2%, un niveau inédit depuis 2007. Ce seuil est un signal d'alerte pour la banque centrale et pour les marchés actions, car il renchérit le coût du capital et pèse sur les valorisations. Une désescalade au Moyen-Orient et un recul du pétrole constitueraient le scénario de détente le plus rapide à court terme.
Europe : amélioration fragile, BCE toujours vigilante
La croissance européenne reste faible mais positive, avec des signes d'amélioration récents. La confiance des ménages repart légèrement à la hausse, les ventes au détail se stabilisent et l'activité industrielle surprend favorablement. L'Allemagne amorce un redressement après plusieurs trimestres de contraction, même si cette tendance reste fragile.
La France présente un tableau plus sombre : contexte politique instable, situation budgétaire sous tension et chômage en hausse depuis plusieurs mois. Cette combinaison explique le maintien d'une exposition limitée au marché français dans les allocations d'Amplegest.
La Banque Centrale Européenne a voté deux hausses de taux récemment et pourrait en conduire de nouvelles, en dépit de la croissance atone. La priorité reste le contrôle de l'inflation. Là aussi, une baisse du pétrole serait le facteur de soulagement le plus direct.
Chine : pôle de stabilité relative
La Chine affiche une croissance de +4,3% au second trimestre 2026, en léger recul, mais elle demeure résiliente dans un environnement mondial dégradé. La faiblesse vient de la consommation interne : les ménages privilégient l'épargne de précaution dans un contexte de confiance encore limitée.
Le secteur manufacturier contribue positivement, mais c'est le commerce extérieur qui reste le premier moteur de l'activité. L'inflation sous contrôle laisse au gouvernement et à la Banque Populaire de Chine une marge de manœuvre réelle pour activer des mesures de soutien dans les prochains mois — un levier que ni la Fed ni la BCE ne peuvent mobiliser dans les mêmes conditions.
Marchés financiers : obligations et actions sous pression
La conjonction de tensions géopolitiques et de contraintes budgétaires a alimenté la hausse des taux longs des deux côtés de l'Atlantique. Les marchés obligataires ont subi des pertes significatives dans ce contexte. Pourtant, les niveaux actuels créent des opportunités de rendement réelles sur les obligations, un argument qui mérite d'être évalué rigoureusement — taux net de frais, duration, risque de crédit — plutôt que d'être accepté comme une évidence marketing.
Les marchés actions résistent malgré une volatilité accrue. La qualité des résultats des entreprises compense, pour l'instant, l'effet dépressif de la hausse des taux sur les valorisations. La ligne de rupture sera atteinte si les taux longs se maintiennent durablement à ces niveaux et si les révisions bénéficiaires s'inversent.

Performances des fonds : données arrêtées à fin août 2026
Les tableaux ci-dessous reprennent les performances YTD (year-to-date) des fonds mentionnés dans la lettre macroéconomique d'Amplegest. Ces chiffres sont fournis à titre d'information factuelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement sur les marchés financiers comporte un risque de perte en capital.
Fonds monétaire et obligations courte duration
| Fonds | YTD |
|---|---|
| SLF (F) Bond ESG 6M part P | 1,43% |
Fonds obligataires et diversifiés défensifs
| Fonds | YTD |
|---|---|
| DNCA Invest Beyond Alterosa A | 4,53% |
| HELIUM SELECTION | 3,63% |
| DNB Fund Nordic High Yield | 3,07% |
| HELIUM FUND | 2,77% |
| Pictet – Atlas – P EUR | 2,72% |
| Durandal | 2,64% |
| Dorval Global Conservative | 2,50% |
| ELEVA Absolute Return Europe R | 2,31% |
| IVO Fixed Income EUR R Acc | 1,81% |
| HELIUM INVEST | 1,71% |
| CANDRIAM Risk Arbitrage | 1,69% |
| M&G Total Return Credit Investment Fund | 1,65% |
| M&G (Lux) Global Floating Rate High Yield Fund | 1,49% |
| Jupiter Strategic Absolute Return Bund Fund | 1,46% |
| Invesco Pan European High Income | 1,36% |
| MAM Target 2027 | 1,20% |
| Schelcher Optimal Income | 1,12% |
| DNCA Invest Eurose A EUR | 1,00% |
| IVO Short Duration SRI | 0,98% |
| Sanso Short Duration C | 0,69% |
| Tikehau Short Duration – R – Acc – EUR | 0,68% |
| Sycomore Allocation Patrimoine R | 0,63% |
| Sanso Objectif Durable 2024 A | 0,60% |
| CANDRIAM Patrimoine Obli Inter | 0,59% |
| Axiom 2027 | 0,56% |
| Axiom Short Duration Bond Fund | 0,56% |
| Sextant Optimal Income | 0,22% |
| Groupama Euro Financial Debt NC | 0,15% |
| Sextant Regatta | 0,11% |
Fonds diversifiés et flexibles
| Fonds | YTD |
|---|---|
| HMG Globetrotter C | 15,88% |
| NOVA DYNAMIQUE A | 14,32% |
| Varenne Valeur A-EUR | 10,71% |
| Ecofi Enjeux Futurs | 9,80% |
| Carmignac Patrimoine A EUR Acc | 9,48% |
| BL Global Flexible | 9,20% |
| Most Diversified Portfolio SICAV-TOBAM Anti-Benchmark Multi-Asset Fund part B1 | 8,51% |
| Copernic – RC | 8,42% |
| Carmignac Investissement Latitude A Eur Acc | 7,82% |
| Galilée Global Thematics – RC | 7,33% |
| GIS Global Multi Asset Income | 7,27% |
| NOVA FLEXIBLE AC | 7,06% |
| MAM Solution | 6,82% |
| Dorval Convictions – Part R | 6,56% |
| FFG | 6,35% |
| HMG Rendement D A/I | 6,21% |
| Erasmus Capital Plus | 6,17% |
| Legg Mason ClearBridge Infrastructure Value Fund | 5,62% |
| Groupama Euro Convertible NC | 5,47% |
| Flexigestion Patrimoine | 5,21% |
| M&G (Lux) Emerging Markets Bond Fund | 5,14% |
| Dorval Global Allocation | 5,05% |
| OFI INVEST ESG MULTITRACK (R) | 4,67% |
| JPMorgan Investment Funds – Global Income Fund | 4,46% |
| Hesper Fund – Global solutions (T-12 EUR) | 4,03% |
| CPR Invest – Croissance Réactive | 4,00% |
| M&G (Lux) Dynamic Allocation Fund | 3,06% |
| Tikehau International Cross Assets – R – Acc – EUR | 2,84% |
| Janus Henderson Balanced Fund | 2,32% |
Ce que ces données révèlent sur la sélection de fonds
L'écart de performance YTD entre HMG Globetrotter C à +15,88% et Sextant Regatta à +0,11% illustre une dispersion considérable au sein d'une même catégorie de fonds dits « diversifiés ». Ce différentiel de près de 16 points en quelques mois rappelle que la sélection de fonds ne peut pas reposer sur la seule étiquette de catégorie.
Sur la partie obligataire courte, les performances restent contenues, entre 0,11% et 4,53%. DNCA Invest Beyond Alterosa A en tête à +4,53% et DNB Fund Nordic High Yield à +3,07% illustrent que la recherche de rendement oblige à accepter un risque de crédit réel (high yield, dette nordique). Un investisseur qui compare ces chiffres sans lire les DIC et les fiches de frais complets fait une erreur d'analyse.
La sélection d'un fonds obligataire dans ce contexte suit les mêmes exigences que la sélection d'une SCPI ou d'un support en unités de compte : TRI réel, chaîne de frais complète, track record du gérant sur cycle complet, pas uniquement la performance de la période favorable.
- Vérifier les frais courants (ongoing charges) et les commissions de surperformance avant toute comparaison de rendement brut.
- Distinguer les fonds dont la performance provient d'un biais directionnel opportuniste de ceux dont la gestion est structurellement robuste sur cycle long.
- Ne pas confondre un rendement YTD élevé sur 8 mois avec une performance annualisée ajustée du risque.
- Sur les fonds à échéance (MAM Target 2027, Sanso Objectif Durable 2024 A, Axiom 2027), vérifier la date de maturité effective et les conditions de sortie anticipée.
Positionnement patrimonial dans ce contexte de taux élevés
Un taux à 10 ans américain au-dessus de 5,2% change mécaniquement la hiérarchie des classes d'actifs. Les obligations d'État et le crédit de qualité redeviennent compétitifs face aux actions sur une base rendement/risque pure. Mais cette attractivité ne justifie pas d'allonger la duration sans discernement : si l'inflation reste structurellement haute, les obligations longues restent vulnérables.
Dans une logique de gestion de patrimoine globale, ce contexte renforce l'intérêt des enveloppes fiscales efficaces. Une assurance vie, notamment en contrat luxembourgeois, permet d'accéder à ces fonds obligataires avec la protection du triangle de sécurité et du super-privilège, tout en maintenant une neutralité fiscale pendant la phase de capitalisation.
Sur la partie réelle du patrimoine, la hausse des taux pèse sur la valeur des actifs à revenus (SCPI, immobilier coté). Cela ne rend pas la classe d'actifs inexploitable, mais impose une analyse rigoureuse : TOF, report à nouveau, track record du gestionnaire et TRI long terme sont les variables décisives, pas le taux de distribution affiché.
Le private equity reste une poche de diversification pertinente dans ce contexte, à condition de maîtriser les frais réels et la durée d'immobilisation effective. Les véhicules Evergreen/ELTIF ont démocratisé l'accès, mais leur structure de frais et leurs mécanismes de liquidité partielle méritent une lecture attentive avant tout engagement.



