L’article en bref : Les banques américaines surpassent les attentes au T2 2025, mais tensions géopolitiques et politique française limitent l’élan.
- Résultats bancaires US solides : JPMorgan Chase, Goldman Sachs et Bank of America affichent des bénéfices en hausse portés par le trading et la banque d’investissement
- Décote européenne persistante : Les financières françaises restent sous-évaluées malgré de bons parcours boursiers, pénalisées par les spreads souverains
- Géopolitique prime sur la macro : Les tensions iraniennes et l’incertitude politique parasitent les signaux économiques rassurants, créant des rotations sectorielles violentes
- Préférence pour matières premières et industriels : Ginjer AM favorise ces segments moins sensibles aux turbulences politiques à court terme
Le 15 juillet 2025, JPMorgan Chase publiait des résultats trimestriels dépassant les attentes des analystes, avec un bénéfice net en hausse de 17 % sur un an. Ce signal fort a immédiatement orienté la lecture des marchés pour l’ensemble de la saison des résultats. Pourtant, ce contexte favorable s’est heurté à une réalité géopolitique tenace : la reprise des tensions autour de l’Iran, alimentée par les déclarations de Donald Trump, a parasité l’effet positif de ces publications. Léonard Cohen, gérant senior chez Ginjer AM, l’analyse sans détour : les chiffres macro sont rassurants, mais la géopolitique capte toute l’attention.
Des résultats bancaires américains qui surpassent les attentes du trimestre
Les grandes banques américaines ont ouvert la saison des résultats avec une vigueur remarquable. Que ce soit dans les activités de banque de détail, de financement des entreprises ou de trading pour compte propre, le trimestre écoulé affiche des performances solides sur l’ensemble du spectre. Ce n’était pas totalement une surprise, mais l’ampleur du mouvement mérite attention.
Voici les principaux établissements qui ont publié leurs résultats lors de cette première vague :
- JPMorgan Chase : bénéfice net trimestriel record, porté par le trading obligataire
- Goldman Sachs : revenus de banque d’investissement en forte hausse
- Citigroup : redressement confirmé de la rentabilité opérationnelle
- Bank of America : progression des marges nettes d’intérêt malgré un contexte de taux complexe
- Wells Fargo : discipline sur les coûts et amélioration de la qualité du portefeuille crédit
Ces performances ont mécaniquement soutenu le secteur financier américain en Bourse. Côté européen, la dynamique reste plus nuancée. Les banques françaises, notamment, subissent un double effet : l’écartement des spreads souverains et une situation politique incertaine qui pèse sur la valorisation. On retrouve une configuration proche de juin 2024, période au cours de laquelle les marchés avaient réagi nerveusement aux risques politiques hexagonaux.
Pour autant, les financières européennes restent sous-évaluées par rapport à leurs homologues américaines, malgré de beaux parcours boursiers en 2024 et 2025. Cette décote persistante représente une opportunité pour les investisseurs capables d’adopter une lecture de moyen terme, détachée des mouvements journaliers.
| Établissement | Activité phare T2 2025 | Tendance bénéfices | Zone géographique |
|---|---|---|---|
| JPMorgan Chase | Trading obligataire | +17 % sur un an | États-Unis |
| Goldman Sachs | Banque d’investissement | Forte hausse | États-Unis |
| BNP Paribas | Banque de détail | Stable / sous pression | Europe / France |
Géopolitique et macro : quand de bons chiffres ne suffisent plus
Les données d’inflation publiées récemment affichent une trajectoire globalement rassurante. Problème : leur communication a coïncidé avec une relance des tensions géopolitiques autour de l’Iran, ce qui a nettement limité l’impact positif sur les marchés. Une situation comparable s’était produite lors d’une communication de la Fed quelques semaines plus tôt : même constat, même frustration pour les investisseurs.
Ce phénomène génère des rotations sectorielles d’une violence inhabituelle, parfois en l’espace d’une seule séance. Pour comprendre les forces et vulnérabilités de l’économie américaine qui sous-tendent ces mouvements, il faut accepter que les signaux macro favorables ne se traduisent pas immédiatement en tendance boursière durable. La lecture de ces flux exige du calme et une discipline analytique que peu de gérants maintiennent sur la durée.
Les réponses structurelles n’arriveront pas avant la rentrée. C’est le calendrier qu’il faut intégrer. D’ici là, les repositionnements sectoriels reflètent davantage des ajustements de flux que des convictions fondamentales. Chez Ginjer AM, la préférence va clairement vers les matières premières et les industriels, des segments perçus comme moins sensibles aux turbulences politiques à court terme et mieux positionnés pour absorber un scénario de reflation.
Par ailleurs, l’euphorie persistante des marchés malgré les tensions géopolitiques illustre cette dissociation croissante entre sentiment de marché et fondamentaux macroéconomiques. Une dissociation qui peut durer, mais jamais indéfiniment.

Publications européennes : le vrai rendez-vous approche fin juillet
Le spectre microéconomique reste incomplet côté européen. Les premières publications arrivent des pays nordiques, avec plusieurs industrielles qui ouvrent le bal. Mais la fenêtre décisive se situe entre le 27 et le 30 juillet 2025 : c’est là que l’ensemble des secteurs publiera simultanément, offrant enfin une vision globale des perspectives transmises aux investisseurs.
Cette séquence permettra d’évaluer des données primordiales comme la solidité de l’emploi américain et ses tensions sectorielles dans la tech, qui influencent directement les marges opérationnelles des grands groupes cotés. Les transitions démographiques et l’impact de l’IA sur le marché du travail américain constituent également des variables à surveiller de près dans les commentaires de direction des entreprises technologiques.
Pour un patrimoine diversifié cherchant à tirer parti de cette configuration, plusieurs véhicules permettent d’optimiser l’exposition aux tendances identifiées sans subir la volatilité des marchés actions en direct. Les fonds de private equity accessibles via Finconnexion, avec des rendements supérieurs à 16 %/an et un accès aux fonds institutionnels sans droits d’entrée, offrent une alternative sérieuse. Une assurance vie optimisée avec obligation de résultat constitue également un cadre fiscal pertinent pour piloter ces allocations avec souplesse, notamment grâce aux transferts permis par la loi PACTE sans perte d’antériorité fiscale.


