Airbus et Boeing : carnets pleins malgré les turbulences
Avion Aeroflight survolant un hangar aéronautique industriel

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L’article en bref

Le salon de Farnborough 2026 confirme la robustesse du secteur aéronautique commercial avec des résultats spectaculaires.

  • 327 commandes fermes signées (154 pour Airbus, 173 pour Boeing) pour 80 milliards de dollars, dépassant le Salon du Bourget 2025
  • Carnets de commandes records : 10,6 ans de production pour Airbus, 10,2 ans pour Boeing, malgré les défis de montée en cadence industrielle
  • Projections ambitieuses à 2045 : 50 000 appareils en circulation avec une croissance annuelle de 4%, portée par la demande structurelle et l’émergence de nouveaux constructeurs
  • Airbus affiche une confiance accrue avec 5 milliards d’euros de rachat d’actions sur trois ans et des marges opérationnelles cibles de 12-13 milliards d’euros en 2029
  • Une opportunité d’investissement durable pour diversifier un patrimoine au-delà des marchés traditionnels et des turbulences de court terme

327 commandes fermes, 80 milliards de dollars en valeur catalogue, des carnets remplis pour plus d’une décennie : le salon de Farnborough 2026 a offert une image saisissante de la robustesse du secteur aéronautique commercial. Voilà de quoi intéresser quiconque surveille de près les grandes tendances industrielles mondiales et leurs répercussions sur les marchés financiers.

Farnborough 2026 : un bilan commercial qui dépasse toutes les attentes

Tenu du 20 au 24 juillet en Angleterre, le salon de Farnborough s’est imposé cette année comme un baromètre particulièrement éloquent de la santé du secteur. Airbus a signé 154 commandes fermes, Boeing 173 : un cumul de 327 appareils pour une valeur dépassant les 80 milliards de dollars, options incluses. Une performance qui dépasse celle du Salon du Bourget 2025, où Boeing avait choisi de ne signer aucun contrat, après le crash meurtrier d’un 787 Dreamliner d’Air India le 12 juin de la même année. Ce drame, le plus grave de l’aviation civile depuis plus de dix ans avec 279 victimes, avait poussé Kelly Ortberg et Stephanie Pope à annuler leur présence au Bourget. Une décision de sobriété difficile à contester, mais qui avait laissé le champ libre à Airbus pour engranger 401 commandes, options et engagements en deux jours seulement.

Le contraste entre les deux éditions illustre à quel point les cycles de commandes aéronautiques restent intimement liés aux aléas réglementaires et médiatiques. Malgré un recul du trafic passagers mondial de 2,2 % en mai 2026 sur un an, et une chute de 28,4 % dans la zone du conflit au Moyen-Orient selon les données de l’IATA, la demande structurelle pour les appareils commerciaux demeure intacte. Les investisseurs avisés le savent : le cycle d’achat d’un avion se joue sur dix à vingt ans, pas sur un trimestre.

Pour ceux qui cherchent à diversifier leur patrimoine au-delà des marchés traditionnels, le secteur aéronautique offre une lecture macroéconomique précieuse. Sa dynamique de long terme alimente aussi la réflexion sur des classes d’actifs moins corrélées aux turbulences de court terme, comme le private equity, dont les fonds infrastructures ou industriels captent précisément ce type de croissance séculaire.

Carnets de commandes records et défis de production : l’équation difficile des deux géants

Fin juin 2026, Airbus affichait un carnet de 9 216 appareils, soit 10,6 années de production à cadence actuelle, contre 6 814 unités pour Boeing, représentant 10,2 ans. Ces chiffres feraient envie à n’importe quel industriel. Mais vendre reste infiniment plus aisé que produire.

L’histoire du B787 Dreamliner le rappelle cruellement. Lancé officiellement le 26 avril 2004, il avait accumulé 850 commandes avant même son premier vol, le 15 décembre 2009. La première livraison n’est intervenue qu’en septembre 2011, soit 40 mois de retard sur le calendrier initial. Plus récemment, l’A380 avait connu des déboires de câblage, l’A400M militaire des problèmes de propulsion. La montée en cadence industrielle consomme des liquidités bien avant de générer des revenus stables.

Indicateur Airbus Boeing
Carnet de commandes (juin 2026) 9 216 appareils 6 814 appareils
Années de production couvertes 10,6 ans 10,2 ans
Livraisons 2025 ~790 appareils 600 appareils
Cours boursier post-Farnborough >204 € -8 % vs fév. 2026

Boeing a néanmoins réalisé en 2025 sa meilleure performance de livraison depuis 2018, avec 600 appareils remis à leurs clients. Le 737 MAX a concentré les trois quarts de ces livraisons, le 787 Dreamliner représentant 88 unités supplémentaires. Sur le plan commercial, Boeing a même devancé Airbus en commandes nettes en 2025 : environ 1 200 contre 1 000. Un écart notable, bien que les livraisons restent le seul indicateur generant réellement du chiffre d’affaires.

Anticiper ces dynamiques industrielles, c’est exactement le type d’analyse que recherche un investisseur soucieux de préserver et structurer un patrimoine diversifié sur le long terme, loin des réactions épidermiques aux turbulences boursières liées aux décisions monétaires.

Airbus et Boeing : carnets pleins malgré les turbulences

Vers 50 000 avions en circulation en 2045 : une opportunité d’investissement structurelle

Les projections à long terme donnent le vertige. Boeing anticipe 43 625 livraisons mondiales d’ici 2045, dont :

  1. 21 475 appareils en remplacement de flottes existantes
  2. 22 150 nouveaux appareils pour répondre à la croissance du trafic

Airbus table de son côté sur 42 000 livraisons avec une croissance annuelle du marché de 4 %. La flotte mondiale devrait ainsi dépasser les 50 000 appareils commerciaux et cargos en circulation. Ces chiffres intègrent l’émergence de constructeurs chinois, au premier rang desquels Comac, qui vient de décrocher sa première vente internationale significative : 20 C909 pour Air Cambodia. Une percée symbolique, encore modeste face aux backlogs d’Airbus et Boeing, mais qui annonce une recomposition progressive du marché.

Du côté d’Airbus, les engagements pris lors de la conférence du 21 juillet à Farnborough ont produit leur effet sur les marchés : un plan de rachat d’actions de 5 milliards d’euros sur trois ans, une marge opérationnelle (EBIT) cible de 12 à 13 milliards d’euros en 2029, et un taux de distribution enfin ambitieux, entre 30 et 50 %. Le cours a franchi les 204 euros, surpassant son niveau d’avant-conflit (184 euros le 27 février 2026). Boeing, lui, accuse toujours un retard de 8 % sur cette même période de référence.

Pour un investisseur cherchant à capter cette croissance séculaire tout en maîtrisant son exposition directe aux valeurs cotées, les solutions patrimoniales indirectes méritent attention. Une assurance vie bien construite, intégrant des unités de compte exposées aux secteurs industriels et infrastructures, peut incarner une approche élégante pour bénéficier de ces tendances sans subir la volatilité quotidienne des titres en direct.

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