Économie américaine : IA, mid-terms et risque budgétaire

Mis à jour le 30 octobre 2026
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Vue aérienne du Capitole américain au crépuscule
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    L'essentiel en 30 secondes

    • L'investissement américain dans l'IA devrait croître de plus de 6 % en 2026, puis ralentir dès 2027 sous l'effet des goulets d'approvisionnement et des résistances locales aux data centers.
    • La contribution nette de l'IA à la croissance américaine approcherait 1 point de PIB en 2033, mais la démographie plafonne la croissance potentielle à environ 3 % au début des années 2030.
    • Allianz Trade attribue 45 % de probabilité à une victoire démocrate dans les deux chambres et 40 % à une victoire limitée à la Chambre des représentants.
    • Le plafond de la dette pourrait être atteint dès l'été 2027 ; la zone de risque cumulatif (shutdown + debt ceiling) se situe fin 2027-début 2028.
    • Sans accord bipartisan, le déficit fédéral passerait de 6,2 % du PIB en 2026 à 6,6 % en 2027, selon les projections d'Allianz Trade.

    Les élections de mi-mandat américaines renouvellent 435 sièges à la Chambre des représentants et 35 au Sénat. Au-delà du résultat électoral, deux dynamiques structurelles pèsent sur l'allocation d'actifs : la trajectoire de l'investissement en intelligence artificielle et la soutenabilité budgétaire fédérale à horizon 2027-2028. Allianz Trade a détaillé ces mécanismes lors d'un webinaire tenu le 27 octobre, sous l'analyse de Maxime Darmet, économiste senior spécialiste des États-Unis.

    Rangées de serveurs dans un centre de données américain
    Illustration générée par IA

    L'investissement dans l'IA : un pic attendu avant 2028

    L'investissement des entreprises américaines devrait progresser de plus de 6 % en 2026, porté par l'IA. Ce rythme ne se maintiendra pas. Deux freins structurels se combinent pour ralentir la dynamique à partir de 2027.

    D'abord, les tensions sur les chaînes d'approvisionnement font monter les coûts et alimentent l'inflation. Maxime Darmet l'énonce clairement : « Ces goulets d'étranglement seront l'une des raisons de la moindre hausse des investissements en 2027, et surtout en 2028. » Ensuite, les oppositions locales aux projets de data centers se multiplient. Ce phénomène pourrait s'accentuer dans les États remportés par les démocrates lors des mid-terms, selon le même économiste.

    Ces deux contraintes — industrielle et politique — ne remettent pas en cause l'essor de l'IA sur le long terme, mais ils décalent et atténuent son impact sur la croissance à moyen terme.

    Trois phases d'impact de l'IA sur la croissance américaine

    Allianz Trade décompose l'effet de l'IA sur la croissance américaine en trois séquences distinctes, qui se succèdent avec une logique mécanique.

    1. Court terme : l'investissement massif dans les infrastructures IA soutient l'activité directement.
    2. Moyen terme : les destructions d'emplois induites freinent temporairement la consommation et l'activité globale.
    3. Long terme : les gains de productivité prennent le relais. Maxime Darmet anticipe « une nette montée en puissance à partir de 2030 », avec une contribution nette de l'IA proche de 1 point de croissance en 2033.

    Ce scénario est plafonné par la démographie. La croissance potentielle américaine est estimée à environ 3 % au début des années 2030, loin des 4 à 4,5 % enregistrés dans les années 1990. Le vieillissement de la population agit comme un plafond structurel que l'IA atténue sans effacer.

    Pour un investisseur en actifs réels ou en private equity exposé aux États-Unis, cette séquence est déterminante : la fenêtre de sous-performance relative se situe entre 2026 et 2029, avant que les gains de productivité ne deviennent lisibles dans les comptes d'exploitation. Les fonds récents qui affichent des rendements élevés sur des horizons courts ne capturent pas cette dynamique — et un rendement annoncé élevé sur un véhicule lancé récemment reste un signal d'alerte, pas un argument. Retrouvez les principes d'analyse appliqués aux véhicules de private equity accessibles aux particuliers.

    Mid-terms : les deux scénarios retenus par Allianz Trade

    Allianz Trade retient deux configurations politiques comme les plus probables à l'issue du scrutin.

    ScénarioConfigurationProbabilité estimée
    AVictoire démocrate dans les deux chambres (Chambre + Sénat)45 %
    BVictoire démocrate à la seule Chambre des représentants40 %

    Dans les deux cas, le résultat crée une cohabitation avec l'exécutif républicain. Cette configuration rend les négociations budgétaires structurellement conflictuelles. La question du relèvement du plafond de la dette (debt ceiling) cristallise ce risque.

    Faute d'accord entre républicains seuls d'ici fin 2026, le relèvement devra être négocié avec les démocrates en 2027. Le plafond pourrait être atteint dès l'été 2027. Les réserves du Trésor permettraient ensuite de tenir environ huit mois, ce qui situe la zone de danger autour de la fin 2027 et du début 2028.

    Maxime Darmet décrit le risque cumulatif : « Fin 2027-début 2028, le risque serait de cumuler un shutdown et des tensions liées au plafond de la dette. » Un épuisement des réserves du Trésor sans accord exposerait les États-Unis à un défaut de paiement technique, tandis qu'un désaccord sur les crédits budgétaires ordinaires pourrait déclencher une fermeture partielle des administrations fédérales sur la même période.

    Bureau d'analyste avec graphiques de déficit budgétaire fédéral
    Illustration générée par IA

    Déficit fédéral : pourquoi un accord reste improbable

    Réduire le déficit fédéral américain suppose d'agir sur trois leviers : la fiscalité, les dépenses discrétionnaires ou les grandes masses que sont la santé et les retraites. La polarisation politique actuelle bloque les deux premiers. Les dépenses discrétionnaires n'offrent plus de marges significatives.

    Sans mesures d'austérité négociées entre les deux partis, le déficit fédéral passerait de 6,2 % du PIB en 2026 à 6,6 % en 2027, selon les projections d'Allianz Trade. Maxime Darmet juge « un accord très compliqué » dans le contexte politique actuel.

    Ce glissement du déficit, même modeste en apparence, intervient dans un contexte où le stock de dette est déjà élevé. La sensibilité des marchés obligataires à toute dégradation de la trajectoire budgétaire américaine est donc structurellement plus forte qu'elle ne l'était il y a dix ans.

    Effets potentiels sur les marchés financiers

    Une victoire démocrate dans les deux chambres n'est pas encore intégrée par les marchés, selon Maxime Darmet : « Les marchés ne semblent pas avoir vraiment intégré ce scénario. » Si ce résultat se confirmait, les investisseurs pourraient commencer à anticiper une victoire démocrate à la présidentielle de 2028, avec pour corollaire une hausse de la fiscalité des entreprises et un renforcement de la régulation.

    Les effets sectoriels identifiés sont asymétriques :

    • Santé : bénéficiaire d'une perspective de dépenses publiques accrues.
    • Technologie / IA : exposée négativement, entre les anticipations de régulation accrue sur les data centers et la fragilité boursière déjà observée sur ces valeurs.
    • Marchés de taux : les Treasuries seraient les plus sensibles à l'approche d'un éventuel défaut de paiement, la volatilité sur les actions restant secondaire à court terme.

    L'économiste remet toutefois ces effets en perspective : « Ce sont les évolutions de la guerre en Iran qui déterminent largement les marchés boursiers et surtout les marchés de taux. » Le risque géopolitique prime à court terme sur les recompositions politiques internes américaines.

    Pour un investisseur exposé aux marchés américains via une assurance vie, la structure du contrat importe autant que les choix d'allocation. Un contrat de droit luxembourgeois, adossé au triangle de sécurité et au super-privilège, offre une protection juridique que les contrats français ne garantissent pas, notamment en cas de choc sur les marchés obligataires souverains. Comparez les structures disponibles sur la page dédiée à l'assurance vie.

    Par ailleurs, dans un contexte de volatilité accrue sur les Treasuries, les produits structurés indexés sur des indices à décrément méritent une vigilance particulière : le décrément fixe ampute mécaniquement la performance de l'indice de référence, indépendamment des conditions de marché, ce qui va structurellement contre l'intérêt de l'investisseur.

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