L'essentiel en 30 secondes
- Les PMI d'octobre 2026 confirment la résilience de l'économie mondiale, mais enregistrent un léger recul.
- Le pétrole dépasse 100 dollars malgré le contournement partiel du détroit d'Ormuz ; le gaz européen reste instable.
- Le spread franco-allemand à 10 ans a atteint 175 points de base, niveau de tension budgétaire significatif.
- L'aversion au risque mesurée par Goldman Sachs est à son plus haut depuis avril 2025, sans être en territoire extrême.
- Dorval AM a réduit ses actions depuis fin août et renforcé Bunds et Treasuries comme positionnement défensif.
Les enquêtes PMI d'octobre 2026 et les premières publications de résultats du troisième trimestre confirment une économie mondiale qui tient. Mais derrière ce constat de résilience, trois foyers de stress s'accumulent : énergie, dette souveraine française, financement de l'IA. Les marchés ont basculé en mode aversion au risque depuis le début du mois, à un niveau inédit depuis la crise des droits de douane d'avril 2025.
PMI et résultats d'entreprises : le scénario de base tient
Les enquêtes PMI préliminaires publiées en octobre 2026 auprès des pays développés enregistrent un léger recul, mais restent sur un territoire compatible avec l'expansion. Elles ne remettent pas en cause le diagnostic de résilience de l'économie mondiale formulé ces derniers mois.
La saison des résultats du troisième trimestre 2026 n'en est qu'à ses débuts. Les premières publications s'inscrivent dans la continuité de ce scénario : pas de décrochage visible des marges ni de révision brutale des prévisions des directions. Ce constat reste fragile par nature — il repose sur un échantillon encore limité d'entreprises cotées.
La résilience macroéconomique est donc réelle, mais elle coexiste avec une accumulation de facteurs de stress qui pèsent sur la perception du risque. C'est cet écart entre fondamentaux et sentiment de marché qui structure le mois d'octobre.

Énergie : détroit d'Ormuz contourné, prix toujours sous pression
Le blocage du détroit d'Ormuz reste le principal vent contraire pour l'économie mondiale. Les opérateurs ont réussi à reconstituer une partie des flux pétroliers en provenance du golfe Persique via des routes secondaires : ces flux sont presque revenus à leur niveau de février 2026.
Cette adaptation logistique n'a pas suffi à détendre les prix. Le baril s'est installé nettement au-dessus de 100 dollars. Les produits raffinés — diesel en tête — restent très tendus. Le prix du gaz naturel en Europe peine à se stabiliser.
Deux facteurs expliquent l'essentiel de ces tensions : les incertitudes géopolitiques, qui entretiennent une prime de risque persistante, et la course au restockage des acteurs industriels et des États, qui soutient la demande à court terme.
Le calendrier politique devient un élément de marché à part entière. Les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026, seront scrutées pour tout signal concernant l'évolution des conflits en Iran et en Ukraine — apaisement ou durcissement.

Stress financier : spread français et maillons faibles de l'IA
La fragilité financière se concentre sur deux segments distincts mais lisibles.
- Spread franco-allemand à 10 ans : 175 points de base. L'écart entre les taux souverains français et allemands a atteint ce niveau en octobre 2026, traduisant les inquiétudes des marchés sur la trajectoire budgétaire française. Le budget 2027 et les tensions sociales constituent les deux prochains points de friction.
- Primes de risque sur les « maillons faibles » de l'IA américaine. CoreWeave et Oracle sont cités par Goldman Sachs comme des acteurs sous pression accrue. Leurs primes de risque ont continué de progresser, ravivant les doutes sur le financement des infrastructures IA à grande échelle.
- Aversion au risque à son plus haut depuis avril 2025. L'indicateur de Goldman Sachs signale une aversion modérée, mais au niveau le plus élevé enregistré depuis la crise des droits de douane du printemps 2025.
Cette configuration n'est pas une rupture, mais elle signale que la marge d'erreur se réduit. Un choc supplémentaire — une publication de notation défavorable sur la France, une faillite dans le secteur IA, une Fed plus hawkish que prévu le 28 octobre — pourrait faire basculer l'aversion modérée en aversion franche.
Agenda de risque : les échéances qui comptent d'ici fin novembre
| Date | Événement | Risque surveillé |
|---|---|---|
| 28 octobre 2026 | Réunion Fed | Ton sur les taux directeurs, lecture de l'inflation énergie |
| 29 octobre 2026 | Réunion BCE | Réponse à la crise du gaz européen, mentions sur la France |
| 3 novembre 2026 | Élections américaines mi-mandat | Signaux sur Iran et Ukraine, orientation budgétaire US |
| Novembre 2026 | Introduction en Bourse d'Anthropic (à confirmer) | Indicateur de confiance dans le financement de l'IA |
| En continu | Publications agences de notation | Notation souveraine France, signatures IA |
La suite de la saison des résultats d'entreprises constituera en parallèle un filtre permanent : toute révision baissière significative dans les secteurs exposés à l'énergie ou à l'IA pourrait amplifier le mouvement d'aversion au risque déjà engagé.
Positionnement de Dorval AM : réduction actions, renforcement obligataire
Au sein de ses stratégies Global Macro, Dorval AM a poursuivi en octobre 2026 la réduction de son exposition aux actions, un mouvement amorcé dès la fin du mois d'août. En parallèle, la société de gestion a renforcé ses positions en actifs obligataires considérés comme refuges : Bunds allemands et Treasuries américains.
Ce positionnement illustre une lecture cohérente de l'environnement : la résilience macroéconomique ne justifie pas de prendre davantage de risque sur les actions lorsque les facteurs de stress s'accumulent et que les valorisations ne compensent pas suffisamment l'incertitude géopolitique et budgétaire.
Le choix des Bunds comme refuge — plutôt que des OAT françaises — mérite d'être noté. Il est cohérent avec un spread franco-allemand à 175 points de base : dans ce contexte, la dette allemande remplit sa fonction de valeur refuge là où la dette française est devenue une source de tension.



