Sociétés minières aurifères : quel potentiel réel en 2025 ?
Échantillons de minerai d'or sur une table de terrain géologique

Date

Table des matières

L'essentiel en 30 secondes

  • Au 7 mars 2025, l'indice NYSE Arca Gold Miners progressait de 22,3 % depuis le 1er janvier, contre 10,8 % pour l'once d'or, confirmant l'effet de levier structurel des minières.
  • Cet effet de levier est de l'ordre de 2 à 3 : il joue dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse — la volatilité des minières reste sensiblement supérieure à celle de l'or physique.
  • Les valorisations des sociétés n'ont pas encore intégré la durabilité du rally de l'or : les révisions d'estimations à venir constituent un catalyseur supplémentaire non pricé.
  • Les banques centrales, les ETF or et la demande industrielle forment trois piliers structurels qui soutiennent les prix à long terme, tandis que l'offre minière mondiale stagne.
  • Une allocation de 5 à 10 % en minières aurifères, sur un horizon 5-8 ans, améliore le ratio rendement-risque d'un portefeuille diversifié — sans être une position cœur. Le capital n'est pas garanti.

L'or oscille entre 4 000 et 4 500 dollars l'once. Les minières, elles, affichent une tout autre dynamique : +22,3 % pour l'indice NYSE Arca Gold Miners au 7 mars 2025, contre +10,8 % pour le métal physique sur la même période. Cet écart n'est pas anecdotique — il traduit un mécanisme de levier structurel que les allocations patrimoniales ignorent encore trop souvent.

Mine d'or à ciel ouvert avec terrasses d'excavation et engins miniers
Illustration générée par IA

Comment l'or s'est comporté dans un environnement de marchés agités

Les marchés ont amplifié en 2024-2025 des tensions déjà présentes : crise inflationniste, instabilité géopolitique, remontée des taux. Dans ce contexte, l'or a joué son rôle d'amortisseur. La fourchette 4 000-4 500 dollars l'once traduit une résistance solide, sans les à-coups observés sur les actions.

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2025, ses décrets et les tensions commerciales qui en découlent ont accéléré les flux vers les actifs refuge. Le 24 février 2025, l'or a inscrit un nouveau record historique à 2 956,2 dollars l'once avant de poursuivre sa progression. L'argent, sur la même dynamique, progressait de 12,8 % depuis le 1er janvier 2025, à 32,6 dollars l'once à la même date.

La demande des investisseurs occidentaux s'est renforcée, tant via les ETF or que par des livraisons physiques directes. Côté Chine, la banque centrale a poursuivi ses achats et un programme pilote a été lancé pour permettre à certaines compagnies d'assurances d'allouer une partie de leurs actifs au métal jaune. Ce flux institutionnel chinois est un élément nouveau dans la structure de la demande mondiale.

Les sociétés minières ont-elles suivi la hausse de l'or ?

Les minières sont des actions. Leur comportement intègre donc, en plus du prix du métal, la qualité opérationnelle des entreprises, leurs coûts de production et les anticipations de bénéfices. Ce double facteur explique leur surperformance par rapport à l'or physique en début d'année 2025.

Au 7 mars 2025, l'indice NYSE Arca Gold Miners affichait +22,3 % en USD depuis le 1er janvier, quand l'once progressait de 10,8 % sur la même période. Trois éléments expliquent cet écart :

  • La qualité des résultats opérationnels publiés pour 2024, avec une production et des finances solides.
  • La bonne tenue des prix des métaux sur l'ensemble de l'exercice.
  • Un retard de valorisation des sociétés par rapport au niveau du prix de l'or — les marchés n'avaient pas encore intégré la durabilité du rally.

La volatilité reste plus élevée que pour l'or physique, c'est inhérent à la nature actions de ces titres. Les indicateurs court terme sont moins bien orientés qu'un an auparavant. Mais ce sont les drivers structurels de long terme qui expliquent la trajectoire du secteur.

Quels sont les moteurs long terme du prix de l'or et des minières ?

Quatre sources de demande soutiennent structurellement les prix :

  • La bijouterie, qui représente une part significative de la demande mondiale et suit des cycles saisonniers marqués.
  • Les banques centrales, qui achètent de l'or massivement pour réduire leur exposition au dollar. Ce driver est dominant depuis 18 mois selon les données publiées par La Française.
  • Les ETF or, dont les flux d'achat se traduisent mécaniquement par une demande de métal physique sous-jacent.
  • La demande industrielle — électronique, semi-conducteurs, applications médicales — qui pèse sur un marché dont l'offre minière reste contrainte.

Du côté de l'offre, la production minière mondiale stagne. Ouvrir une nouvelle mine nécessite 10 à 15 ans de développement. Aucune découverte majeure n'est venue compenser le déclin naturel des gisements existants. Cette asymétrie offre-demande est un facteur de soutien durable pour les prix.

Pour les sociétés productrices, la combinaison d'un prix du métal élevé et de coûts de production maîtrisés génère des marges en hausse et des flux de trésorerie positifs. Les bilans sont solides. Les entreprises ont adopté des politiques de redistribution aux actionnaires — dividendes et rachats — qui renforcent leur attractivité relative.

Analyste financier comparant graphiques boursiers et lingot d'or
Illustration générée par IA

Comment CM-AM Global Gold est-il positionné ?

CM-AM Global Gold est un fonds actions géré par Crédit Mutuel Asset Management, dont l'expertise sur cette thématique remonte à 1984. Le fonds n'achète pas d'or en direct : il investit dans des sociétés minières cotées, ce qui lui confère un profil de risque et de rendement différent d'un ETF or.

L'univers d'investissement couvre environ 150 valeurs. La gestion est de conviction : entre 40 et 60 titres sont sélectionnés via du stock-picking, avec des rencontres régulières des équipes dirigeantes. 85 à 90 % des positions sont cotées au Canada, sur des marchés spécialisés comme le TSX.

La poche cœur est constituée de producteurs d'or, mais le fonds intègre également :

  • Des sociétés argentifères, pour bénéficier de la dynamique de l'argent.
  • Des sociétés cuprifères, exposées à la demande en cuivre liée à la transition énergétique.
  • Des sociétés de royalties, qui financent des projets miniers en échange d'un droit sur la production future — profil de risque différent des producteurs classiques.

L'effet de levier est l'élément central à comprendre. Quand le prix de l'or progresse, la marge d'un producteur dont les coûts sont fixes s'améliore de façon amplifiée. La relation historique entre le cours de l'or et la performance des minières produit un coefficient de levier de l'ordre de 2 à 3. Ce levier joue dans les deux sens : à la hausse comme à la baisse.

Critère Or physique / ETF or Sociétés minières (fonds actions)
Nature de l'actif Matière première ou réplication Actions cotées
Volatilité Modérée Élevée
Effet de levier sur le prix de l'or Aucun (1:1) 2 à 3x
Dividendes Aucun Possible selon politique de l'entreprise
Risque opérationnel Nul Oui (gestion, production, coûts)
Facteur de consolidation sectorielle Non pertinent Oui — M&A actif

Pourquoi les minières plutôt que l'or physique dans une allocation ?

L'or physique ou les ETF or offrent une exposition pure au prix du métal. Les sociétés minières ajoutent une couche supplémentaire : celle de la qualité opérationnelle d'une entreprise. En période de prix élevés, cette couche amplifie le rendement — c'est l'effet de levier.

En 2025, plusieurs éléments plaident pour les minières par rapport au métal pur :

  • Valorisations encore décotées : malgré la revalorisation récente, les sociétés restent considérées comme bon marché au regard des bénéfices futurs attendus. Le marché n'a pas encore intégré la durabilité du rally de l'or dans les multiples.
  • Révisions d'estimations à venir : les guidances 2025 publiées par les entreprises ont été établies sur des hypothèses de prix prudentes. Avec un cours de l'or aussi élevé, les analystes devront relever leurs projections, ce qui constitue un catalyseur supplémentaire.
  • Consolidation sectorielle : les grandes sociétés rachètent des acteurs plus petits et sous-évalués. Ce mouvement de M&A crée des primes d'acquisition pour les porteurs de titres cibles.
  • Flux d'investissement : les investisseurs qui anticipent une poursuite de la hausse de l'or se tournent vers les minières pour capter l'effet de levier. Ces flux arrivent en volume sur le secteur début 2025.

Un point mérite d'être précisé : investir dans des sociétés minières expose à des risques spécifiques absents de l'or physique — risque géopolitique dans les pays d'extraction, risque opérationnel (accidents, grèves), risque de change, risque de gestion. La performance passée de CM-AM Global Gold — +22 % annualisé sur 5 ans et +13 % annualisé sur 10 ans selon les données communiquées par La Française — ne préjuge pas des performances futures. Le capital investi n'est pas garanti.

Quelle place pour les minières aurifères dans une allocation patrimoniale ?

La thématique or-minières remplit une fonction précise dans une allocation diversifiée : réduire la corrélation avec les actifs traditionnels (actions et obligations) et améliorer le ratio rendement-risque global. Ce n'est pas une position cœur — c'est un satellite.

Le contexte actuel reste favorable aux producteurs de métaux précieux

Les résultats 2024 publiés par les sociétés confirment la bonne maîtrise des coûts de production et des marges en hausse. La confiance des investisseurs pour 2025 est renforcée par cette qualité d'exécution, d'autant que le prix du métal reste à des niveaux historiquement élevés.

Un dimensionnement entre 5 % et 10 % du portefeuille

Une allocation comprise entre 5 et 10 % du portefeuille global est souvent évoquée pour ce type d'exposition. Ce calibrage permet d'absorber les chocs de volatilité propres aux actions minières sans déstabiliser l'ensemble du portefeuille. L'horizon d'investissement recommandé est de 5 à 8 ans, cohérent avec les cycles miniers et la durée nécessaire pour lisser la volatilité.

Les sociétés aurifères comme levier dans une allocation stratégique

Dans un environnement de dédollarisation progressive, d'incertitudes géopolitiques persistantes et de demande industrielle en hausse, les minières offrent une exposition amplifiée à un métal dont les fondamentaux de long terme restent solides. L'accès via un fonds spécialisé, géré en stock-picking de conviction, permet de sélectionner les producteurs les mieux positionnés en termes de coûts et de qualité des réserves.

Pour les investisseurs déjà exposés à l'or physique ou aux ETF, les minières constituent un complément logique — non un doublon. Elles apportent le levier opérationnel, les dividendes et le potentiel de revalorisation lié aux révisions d'estimations, trois éléments absents du métal nu.

À l'inverse, pour un investisseur sans exposition à l'or, entrer directement sur des minières revient à prendre un double risque : celui du métal et celui de l'entreprise. Une construction en deux temps — métal d'abord, minières ensuite — est souvent plus robuste.

Ce document contient des opinions, exemples et analyses conçues par Finconnexion à partir de données chiffrées qu’elle considère comme fiables au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier. Il est produit à titre indicatif et ne peut être considéré comme une offre de vente ou un conseil en investissement. Il ne constitue pas la base d’un engagement ni d'une garantie de quelque nature que ce soit.  Aucune information contenue dans ce document ne saurait être interprétée comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Finconnexion ne saurait être tenue responsable de toute décision prise sur la base d’une information contenue dans ce document.

PLUS
d'articles

Vous souhaitez travailler avec nous ?