L'essentiel en 30 secondes
- Le PRVG atteint 182,88 €/MWh TTC en octobre 2026, soit +6,3 % sur un mois, sous le seul effet des coûts d'approvisionnement.
- Environ 40 % des clients résidentiels sous contrat fixe ne sont pas exposés à cette hausse mensuelle.
- La formule CRE intègre 80 % d'indice month ahead et 20 % de quarter ahead sur les cotations EEX du mois précédent, d'où un décalage d'un mois.
- La facture totale comprend trois couches (fourniture, acheminement, taxes) avec des calendriers de révision distincts : une hausse du PRVG n'affecte que la composante fourniture.
- La CRE projette une facture annuelle 2026 supérieure de 10 % à celle de 2025, sous réserve de stabilisation des cours d'ici décembre.
Le prix repère de vente du gaz (PRVG) publié par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) bondit de 6,3 % au 1er octobre 2026, à 182,88 euros par MWh TTC. Cette progression ne touche pas tous les ménages de la même façon, et le PRVG lui-même est souvent mal compris. Voici ce que les chiffres signifient concrètement.
Les chiffres clés à retenir pour octobre 2026
Le PRVG s'établit à 182,88 euros/MWh TTC en octobre, contre 172,05 euros en septembre. La CRE attribue l'intégralité de cette variation à la progression des coûts d'approvisionnement sur les marchés de gros. Ni les taxes, ni les tarifs de transport et de distribution n'ont été modifiés.
- Prix repère en octobre : 182,88 €/MWh TTC, soit +6,3 % sur un mois.
- Impact moyen estimé par la CRE sur la facture d'octobre des offres indexées : +5,28 euros TTC.
- Coût d'approvisionnement représentatif retenu : 52,30 €/MWh en septembre, contre 44,77 €/MWh en août.
- Projection annuelle 2026 : +10 % par rapport à 2025, soit environ +120 euros TTC, sous réserve de stabilisation des cours d'ici décembre.
- Nombre de ménages détenteurs d'un contrat gaz naturel au 31 mars : 10,31 millions.
- Part des contrats à prix fixe parmi les clients résidentiels fin 2025 : environ 40 %.

Comment la CRE calcule-t-elle le coût d'approvisionnement ?
Le PRVG d'octobre intègre les prix observés sur la plateforme EEX (European Energy Exchange) entre le 1er et le 31 août. La formule applique une pondération de 80 % sur l'indice month ahead (contrat portant sur le mois suivant) et de 20 % sur l'indice quarter ahead (contrat sur le trimestre suivant).
Ce mécanisme introduit un décalage d'environ un mois entre les variations de prix sur les marchés de gros et leur répercussion dans le PRVG. Le coût d'approvisionnement représentatif a oscillé entre 27,31 €/MWh et 47,48 €/MWh depuis le début de l'année avant d'atteindre 52,30 €/MWh en septembre, son niveau le plus élevé de 2026.
Les tensions sur les routes maritimes, notamment dans le détroit d'Ormuz, exercent une pression sur les contrats négociés en Europe. Ce lien est indirect : les craintes sur l'offre ou sur les flux de GNL font monter les cours auxquels les fournisseurs s'approvisionnent, et la formule de la CRE les répercute avec ce décalage mensuel.
Ce que le PRVG n'est pas : ni tarif réglementé ni offre souscriptible
Le prix repère de vente du gaz a remplacé l'ancien tarif réglementé le 1er juillet 2023. Il s'agit d'un indicateur de comparaison publié chaque mois par la CRE, pas d'une offre commerciale. Aucun ménage ne peut y souscrire directement.
Les fournisseurs construisent leurs propres grilles tarifaires de façon indépendante : offres à prix fixe, offres indexées sur le PRVG, offres liées aux marchés de gros. Le PRVG sert uniquement de référence légale pour les contrats qui s'y indexent et de repère pour les comparateurs.
Qui est réellement concerné par cette hausse ?
La hausse d'octobre ne s'applique qu'aux ménages dont le contrat prévoit une indexation sur le PRVG. Les détenteurs d'un contrat à prix fixe — environ 40 % des clients résidentiels fin 2025 selon la CRE — ne voient aucune modification de leur tarif contractuel pendant la durée de leur engagement.
| Type de contrat | Impact de la hausse d'octobre | Remarque |
|---|---|---|
| Indexé sur le PRVG | +5,28 €/mois en moyenne (CRE) | Varie selon la consommation réelle |
| Prix fixe en cours | Aucun | Jusqu'à l'échéance du contrat |
| Offre liée aux marchés de gros | Variable selon la clause contractuelle | Dépend de la date de révision prévue |
La composition réelle de la facture de gaz
Une facture de gaz se décompose en trois couches distinctes, régies par des calendriers de révision différents.
- Fourniture : coût du gaz acheté, frais commerciaux, marge du fournisseur, prime de risque, obligations liées aux certificats d'économies d'énergie (CEE) et au biogaz. C'est cette composante que le PRVG reflète.
- Acheminement : réseaux de transport, stockage et distribution. Les tarifs de transport et de stockage sont révisés au 1er avril ; ceux de la distribution au 1er juillet. Ces évolutions sont indépendantes du PRVG.
- Taxes : contribution tarifaire d'acheminement (CTA), accise sur le gaz naturel et TVA. Fixées par l'État, elles n'ont pas varié en octobre.
Cette architecture à trois niveaux explique pourquoi une hausse du PRVG n'est jamais directement égale à la variation totale de la facture. Un mois où le coût d'approvisionnement monte, les deux autres composantes peuvent rester stables — ce qui est le cas en octobre 2026.

Ce que vérifier sur son contrat avant l'hiver
Face à une trajectoire haussière des prix de gros — le coût d'approvisionnement a progressé de 17 % entre août et septembre — la lecture attentive de la fiche contractuelle s'impose avant la saison de chauffe.
- Nature du prix appliqué : fixe ou variable, et si variable, quel indice de référence.
- Fréquence de révision tarifaire et date d'effet.
- Durée d'engagement restante et conditions de sortie anticipée.
- Montant de l'abonnement, qui n'est pas indexé sur le PRVG.
- Possibilité de basculer vers un prix fixe avant l'hiver, en comparant le coût de sortie au gain potentiel.
Sur le plan des usages, trois leviers réduisent mécaniquement la consommation : l'entretien de la chaudière, le réglage précis des températures par pièce et la programmation horaire des équipements. La CRE rappelle que ces ajustements constituent les actions immédiates les plus efficaces pour contenir la hausse de la facture, indépendamment de tout changement de fournisseur.
Questions fréquentes sur le prix repère du gaz
La hausse de 6,3 % est-elle définitive pour l'année ?
Non. Le PRVG est recalculé chaque mois. La CRE formule une projection annuelle sous réserve explicite d'une stabilisation des cours d'ici décembre : si les prix de gros refluent, les prochaines publications pourraient corriger partiellement la hausse d'octobre.
La projection de +10 % en 2026 concerne-t-elle tous les ménages ?
Cette estimation porte sur la facture moyenne de l'ensemble des 10,31 millions de ménages disposant d'un contrat gaz au 31 mars. Les ménages sous contrat fixe ne verront pas cette augmentation se matérialiser sur leur facture tant que leur contrat court.
Pourquoi les achats estivaux sur les marchés de gros se répercutent-ils en octobre ?
La formule de la CRE retient les cotations du mois précédant la publication, avec une pondération majoritaire sur les contrats month ahead. Les prix négociés en août — période de reconstitution des stocks pour l'hiver — sont donc intégrés dans le PRVG d'octobre. C'est le décalage structurel de la formule, pas une anomalie.
La gestion de l'énergie domestique s'inscrit dans un cadre patrimonial plus large : maîtriser ses charges récurrentes libère une capacité d'épargne qui mérite d'être orientée vers des actifs réels plutôt que vers des produits à frais élevés ou des dispositifs fiscaux peu rentables. Finconnexion accompagne les investisseurs qui souhaitent analyser leurs arbitrages — SCPI, assurance vie ou private equity — sans conflit d'intérêts. En savoir plus.



