Le private equity français atteint 3 milliards d’euros en 2025. Derrière cette croissance se cachent des frais souvent dissimulés et une liquidité surestimée qui érodent la rentabilité réelle.
- Liquidité conditionnelle : les fonds Evergreen et ELTIF promettent de la flexibilité, mais leur cash drag immobilise des capitaux non productifs, contrairement aux fonds fermés qui déploient 100 % des actifs
- Frais multiples : gestion du fonds, plateforme, assurance-vie et droits d’entrée peuvent représenter 3 à 5 % annuels, amputant le capital final de 30 à 40 % sur dix ans
- Écart de performance : les fonds institutionnels affichent ~16 % nets par an contre 5–7 % pour les produits grand public, principalement en raison de la structure de frais
- Accès direct préférable : sans intermédiaires inutiles ni enveloppes superflues, avec un horizon assumé de 7 à 10 ans et frais minimisés
En 2025, le private equity en France a franchi les 3 milliards d’euros de collecte, affichant une progression de 8 % sur l’année. Ce chiffre impressionne — mais il masque une réalité que peu de commerciaux s’empressent d’exposer. Derrière cette dynamique se cachent des frais souvent non dits et une liquidité largement surestimée, deux pièges qui peuvent sérieusement éroder la rentabilité d’un portefeuille pourtant bien construit.
La liquidité dans le non-coté : une promesse rarement tenue
Les formats Evergreen et les fonds ELTIF (European Long-Term Investment Fund) ont envahi les discours commerciaux ces dernières années. Leur promesse : rendre le capital investi accessible à intervalles réguliers, tranchant avec les structures fermées classiques qui immobilisent les fonds pendant 7 à 10 ans. Pour un investisseur soucieux de conserver une flexibilité sur son patrimoine, le message semble séduisant.
Sauf que cette flexibilité a un prix précis — et ce prix grève directement la performance. Pour honorer des demandes de rachat périodiques, le gestionnaire doit conserver une réserve de liquidités non investie en actifs non cotés. Ce phénomène, connu sous le nom de cash drag, pèse mécaniquement sur les rendements globaux du fonds. Un fonds fermé classique déploie 100 % de ses capitaux dans des entreprises non cotées — un fonds Evergreen, lui, maintient une poche stérile en permanence.
L’histoire récente des fonds immobiliers non cotés américains illustre le risque suivant : lors des tensions de marché de 2022-2023, plusieurs gestionnaires ont dû suspendre les rachats, laissant des souscripteurs sans accès à leur argent précisément au moment où ils en avaient besoin. La liquidité affichée n’était pas une garantie contractuelle, mais une facilité conditionnelle.
Le vrai private equity institutionnel tire sa supériorité de son illiquidité même. C’est cette contrainte structurelle qui permet aux gérants de travailler sur plusieurs années, de modifier des entreprises en profondeur et de créer une valeur impossible à générer sur les marchés cotés. Chercher du private equity avec la souplesse d’un OPCVM, c’est renoncer précisément à ce qui fait sa force. Pour mieux comprendre les conditions d’un accès pertinent à cette classe d’actifs, la question de savoir si le private equity représente une opportunité réelle ou un piège pour les particuliers mérite d’être posée sérieusement avant toute décision.
Frais cachés : quand la chaîne d’intermédiation dévore la performance
Selon le McKinsey Global Private Markets Review, les fonds de private equity internationaux affichent une performance nette de l’ordre de 16,4 % par an sur longue période. En comparaison, les produits large public de la même catégorie ont affiché environ 5,4 % en 2025. Cet écart colossal n’est pas uniquement dû à la qualité des gérants — il s’explique en grande partie par la structure de frais.
Dès lors qu’on multiplie les couches d’intermédiation pour « démocratiser » le non-coté, chaque maillon se rémunère. Voici ce qu’un souscripteur distinct peut se voir facturer :
- Frais de gestion du fonds de fonds : 1 à 2 % par an sur les capitaux engagés
- Frais du fonds sous-jacent, si la structure est un fonds de fonds
- Frais de la plateforme de distribution
- Frais du contrat d’assurance-vie si le produit est logé dans cette enveloppe
- Frais d’entrée, parfois jusqu’à 3 %
Sur dix ans, un écart de 3 à 5 % de frais annuels peut amputer le capital final de 30 à 40 %. Les brochures commerciales s’appuient sur des performances historiques de fonds institutionnels — inaccessibles aux particuliers — pour vendre des produits dont les conditions réelles sont fondamentalement différentes. C’est un biais de présentation que tout investisseur stratégique doit identifier.
| Type de véhicule | Performance nette estimée | Niveau de frais typique | Liquidité |
|---|---|---|---|
| Fonds institutionnel fermé | ~16 % / an | 1,5 – 2 % | Aucune (7-10 ans) |
| Fonds Evergreen / ELTIF grand public | ~5 – 7 % / an | 3 – 5 % | Conditionnelle |
| Fonds de fonds assurance-vie | ~4 – 6 % / an | 4 – 6 % | Limitée |
La sélection des gérants dans les actifs privés devient alors un levier décisif : l’écart entre le premier et le dernier quartile des fonds de private equity dépasse largement ce qu’on observe sur les marchés cotés. Mal choisir son gérant dans cette classe d’actifs coûte bien plus cher qu’un mauvais stock-picking.

Accéder aux fonds institutionnels sans diluer la prime de performance
La classe d’actifs elle-même n’est pas en cause. Financer des entreprises non cotées en pleine phase de croissance, aux côtés d’équipes de gestion spécialisées qui pilotent activement leur développement, reste l’un des rares leviers capables de générer une surperformance structurelle et documentée sur plusieurs décennies.
Trois conditions permettent de capter réellement cette prime :
- Accès direct aux fonds fermés institutionnels, sans couche de fonds de fonds ni enveloppe superflue
- Horizon d’investissement assumé de 7 à 10 ans, sans chercher de fenêtre de sortie artificielle
- Niveau de frais réduit au strict minimum, idéalement sans droits d’entrée
Ces fonds sont habituellement réservés aux institutionnels et accessibles à partir de 20 millions d’euros. Certaines structures permettent aujourd’hui d’y accéder avec des tickets bien inférieurs, sans droits d’entrée et avec un cashback de 2 % du montant investi à la quatrième année. Pour un patrimoine diversifié cherchant à optimiser chaque décision d’allocation, c’est précisément ce type d’accès que propose l’offre private equity de Finconnexion, conçue pour préserver l’intégrité de la performance institutionnelle sans intermédiaires inutiles.
Le non-coté reste la classe d’actifs la plus puissante disponible — à condition de ne pas sacrifier ses fondamentaux sur l’autel de l’accessibilité commerciale.


