L’étude de l’AMF sur 703 fonds révèle une sous-performance généralisée des FIP et FCPI.
- Les FIP affichent un TRI médian de -2,4% et les FCPI de -1,1%, hors avantage fiscal, démontrant une destruction systématique de valeur patrimoniale
- Les frais annuels médians atteignent 3,5% pour les FIP et 3,2% pour les FCPI, représentant 30 à 40% du capital sur 10 ans sans corrélation avec la performance
- La réduction fiscale initiale ne compense généralement pas la médiocrité des rendements et les difficultés de liquidation à l’échéance du fonds
- Les investisseurs privilégient désormais des actifs tangibles européens offrant transparence, frais maîtrisés et performances mesurables indépendamment de l’optimisation fiscale
Lorsqu’un dispositif fiscal semble attrayant sur le papier, il convient d’analyser sa rentabilité réelle au-delà de l’argument de la défiscalisation. L’Autorité des marchés financiers a dévoilé en janvier 2025 les résultats d’une analyse portant sur les fonds d’investissement de proximité et fonds communs de placement dans l’innovation. Cette publication, couvrant 703 fonds représentant 25 milliards d’euros d’encours, révèle une réalité économique préoccupante pour les investisseurs particuliers qui privilégient l’efficacité patrimoniale.
Dans un contexte où la préservation du capital et l’optimisation des rendements constituent des priorités stratégiques, ces véhicules d’investissement non cotés interrogent sur leur pertinence réelle. L’écart entre promesses commerciales et résultats mesurables invite à repenser l’allocation d’actifs vers des supports plus transparents et performants.
L’ampleur de la sous-performance des véhicules fiscaux
Les chiffres dévoilés par le régulateur boursier attestent une destruction de valeur systématique pour les souscripteurs. Le taux de rentabilité interne médian des FIP s’établit à -2,4 %, tandis que celui des FCPI atteint -1,1 %. Ces statistiques excluent volontairement l’avantage fiscal pour mesurer la performance économique intrinsèque de ces placements.
Sur une période quinquennale, les FIP affichent une performance médiane de -3 % annualisé. Cette contre-performance s’amplifie lorsqu’on compare ces résultats aux indices actions traditionnels sur une décennie. La majorité des investisseurs enregistre ainsi des pertes patrimoniales, situation d’autant plus problématique qu’elle survient avant même l’ajustement à l’inflation.
Pour un patrimoine diversifié recherchant des rendements prévisibles, cette réalité statistique contraste fortement avec d’autres classes d’actifs. Par exemple, une stratégie immobilière européenne offre des perspectives de rendement de 6,8% par an, avec une lisibilité économique bien supérieure et des frais structurellement moins élevés.
La structure de frais qui pénalise durablement la rentabilité
L’analyse du régulateur met en évidence un niveau de ponction financière particulièrement élevé. Les frais annuels médians s’élèvent à 3,5 % pour les FIP et 3,2 % pour les FCPI. Sur la durée de vie complète de ces fonds, généralement comprise entre huit et dix ans, cette structure tarifaire peut représenter entre 30 % et 40 % du capital initialement investi.
Ces montants n’intègrent pas systématiquement les coûts additionnels liés aux circuits de distribution, notamment les rétrocommissions versées aux réseaux commerciaux ou les frais d’enveloppe en assurance-vie. Le coût réel supporté par l’investisseur final dépasse donc largement les chiffres officiels.
| Type de fonds | Frais annuels médians | Impact cumulé sur 10 ans | TRI médian hors fiscalité |
|---|---|---|---|
| FIP | 3,5 % | 30-40 % du capital | -2,4 % |
| FCPI | 3,2 % | 30-40 % du capital | -1,1 % |
Le régulateur constate l’absence de corrélation entre le niveau des frais pratiqués et les performances délivrées. Autrement formulé, accepter une tarification plus élevée ne garantit aucunement des résultats supérieurs. Cette asymétrie questionne fondamentalement la valeur ajoutée des gestionnaires par rapport aux capitaux mobilisés.
Pour des investisseurs exigeants recherchant la cohérence entre coûts et résultats, cette structure tarifaire apparaît difficilement justifiable. Des alternatives européennes permettent d’accéder à des actifs tangibles avec une diversification géographique pertinente et des frais significativement inférieurs.

L’illusion de l’optimisation fiscale face à la réalité économique
La commercialisation de ces produits repose principalement sur l’argument de la réduction d’impôt immédiate. L’étude révèle pourtant que cet avantage fiscal ne compense généralement pas la médiocrité des performances. La défiscalisation initiale masque une destruction de valeur progressive sur la durée de détention obligatoire.
Les difficultés récurrentes lors des phases de liquidation aggravent encore ce constat. La cession des participations non cotées détenues par ces fonds s’avère problématique, dégradant le rendement final effectivement perçu par les porteurs de parts. À l’échéance, les performances demeurent majoritairement négatives pour l’ensemble des millésimes étudiés.
Cette mécanique implique que la réduction fiscale sert principalement à absorber les frais excessifs et les contre-performances, sans enrichir véritablement le patrimoine. Pour comprendre pourquoi privilégier la performance réelle plutôt que l’apparence fiscale, une analyse approfondie des mécanismes économiques s’impose.
La complexité volontairement entretenue autour de ces dispositifs constitue un obstacle supplémentaire à la transparence. Les investisseurs avertis privilégient désormais des supports offrant :
- Une valorisation objective et régulière des actifs sous-jacents
- Des frais plafonnés et clairement identifiables
- Une liquidité prévisible sans contrainte temporelle excessive
- Une performance mesurable indépendamment de l’avantage fiscal
Repenser l’allocation vers des actifs tangibles et performants
Face à ces constats documentés, la pertinence de ces véhicules fiscaux dans une stratégie patrimoniale cohérente apparaît limitée. Les fonds non cotés destinés aux particuliers sous-performent structurellement leurs équivalents professionnels, tout en imposant des contraintes de liquidité, de durée et de transparence nettement plus restrictives.
Les investisseurs exigeants recherchent des allocations reposant sur des fondamentaux économiques solides plutôt que sur des artifices fiscaux temporaires. L’immobilier européen offre notamment une alternative convaincante, avec des caractéristiques fiscales et patrimoniales permettant une diversification géographique intelligente.
La publication de cette étude par l’Autorité des marchés financiers constitue un rappel salutaire : l’optimisation fiscale ne doit jamais prévaloir sur la performance économique réelle. Cette hiérarchie des priorités s’avère d’autant plus cruciale dans un environnement macroéconomique évolutif nécessitant agilité et transparence.
Pour préserver efficacement son statut patrimonial, l’analyse critique des propositions commerciales s’impose. Les véhicules privilégiant la substance économique sur l’apparence fiscale permettent une diversification internationale pertinente, combinant rendements prévisibles et protection contre les évolutions réglementaires locales.



