Énergies renouvelables : les marchés émergents accélèrent
Panneaux solaires et éoliennes dans village africain au coucher soleil

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Les économies émergentes pilotent désormais la transition énergétique mondiale, bien au-delà des seules puissances développées.

  • 80 % de la croissance énergétique mondiale provient des économies émergentes, l’Inde surpassant les pays avancés
  • Quatre des dix mix électriques les plus décarbonés appartiennent à des pays émergents : Brésil (88 %), Chili (90 %+), Costa Rica et Népal
  • La Chine concentre 60 % de la croissance mondiale en capacités renouvelables, devançant le reste du monde en solaire
  • L’Inde atteint 50 % de capacité non fossile avec 13,3 milliards USD investis en 2024, cinq ans d’avance sur ses engagements
  • Biocarburants et biogaz offrent des leviers de souveraineté énergétique, avec 80 % du potentiel biogaz concentré dans les économies émergentes

En 2024, 80 % de la croissance de la demande énergétique mondiale provenait des économies émergentes, l’Inde dépassant à elle seule l’ensemble des économies avancées. Ce chiffre renverse une idée solidement ancrée — celle d’une transition énergétique réservée aux pays riches. Pour qui cherche à anticiper les grandes mutations économiques mondiales, ignorer cette réalité serait une erreur d’analyse coûteuse.

Des marchés émergents déjà leaders dans la production d’électricité verte

Parmi les dix mix électriques les plus décarbonés au monde, quatre appartiennent à des pays émergents ou en développement. Le Brésil et le Chili dépassent les 90 % de part renouvelable dans leur production électrique — des ratios que beaucoup d’économies européennes n’atteignent pas. Le Costa Rica, le Népal et l’Éthiopie flirtent avec les 100 %. Ce ne sont pas des projections : ce sont des réalités opérationnelles aujourd’hui.

Le cas brésilien est particulièrement éclairant. Septième marché mondial de l’électricité, le Brésil a produit 88 % de son électricité à partir de sources renouvelables en 2024. Entre 2014 et 2024, la part cumulée de l’éolien et du solaire est passée de 2 % à 24 % de la production électrique nationale — soit une multiplication par douze en dix ans — tout en réduisant la génération fossile de 45 % sur la même période. Ces résultats transforment structurellement l’attractivité du pays pour les investisseurs internationaux.

La Chine, souvent réduite à ses centrales à charbon dans les analyses superficielles, concentre à elle seule près de 60 % de la croissance mondiale des capacités renouvelables. Le pays a installé plus de capacités solaires en 2024 que le reste du monde réuni, et devrait atteindre son objectif éolien-solaire de 2035 avec cinq ans d’avance. Ce type de trajectoire redessine fondamentalement la carte géopolitique de l’énergie.

Pour contextualiser ces déploiements, voici un aperçu comparatif des desseins renouvelables dans les grandes zones émergentes :

Zone / Pays Capacité renouvelable actuelle Objectif 2030 Technologie dominante
Inde 250 GW (fin 2025) 500 GW non-fossile Solaire PV
Brésil 88 % électricité renouvelable > 90 % mix électrique Hydraulique, éolien, solaire
Zone MENA 24 GW solaire fin 2024 > 180 GW solaire Solaire PV
Chine Leader mondial installations Dessein 2035 atteint dès 2030 Solaire, éolien

L’Inde et la zone MENA : deux moteurs d’accélération à ne pas négliger

L’Inde mérite une attention particulière dans toute stratégie d’analyse macroéconomique sérieuse. Avec 13,3 milliards USD investis en 2024 dans les énergies propres, soit une hausse de 40 % en un an, le pays a franchi en juin 2025 le seuil de 50 % de capacité installée non fossile — plus de cinq ans avant l’échéance fixée par ses engagements sous l’Accord de Paris. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) projette que la capacité installée en Asie-Pacifique quasi doublera entre 2025 et 2030, l’Inde représentant plus de la moitié de cette expansion.

Greenko, l’un des premiers producteurs privés d’énergie renouvelable indiens, illustre concrètement cette dynamique. Fondée en 2004, la société a porté sa capacité installée de 2,5 GW en 2018 à plus de 11 GW aujourd’hui, répartis sur 14 États à travers un mix éolien, solaire et hydraulique. Son ambition : atteindre 50 GW d’ici 2030.

La région MENA, souvent perçue comme synonyme d’hydrocarbures, enregistre pour sa part la plus forte révision à la hausse de ses projections renouvelables sur 2025-2030, soit +25 % selon les dernières données de l’AIE. Portée par l’essor du solaire PV en Arabie Saoudite, qui vise 50 % de renouvelable dans son mix électrique d’ici 2030, cette zone devrait ajouter 62 GW de capacité sur cette période, dont 85 % en solaire. C’est précisément le type de basculement structurel qui génère des opportunités thématiques à intégrer dans une allocation patrimoniale diversifiée.

Énergies renouvelables : les marchés émergents accélèrent

Biocarburants, biogaz — des filières stratégiques pour la souveraineté énergétique

Au-delà de l’électricité, les biocarburants représentent un levier souvent sous-estimé. Pour des pays comme l’Inde, l’Indonésie ou le Brésil, baisser la dépendance aux importations de pétrole constitue un enjeu de sécurité nationale autant qu’économique. Le Brésil illustre cette logique avec son programme Combustível do Futuro, adopté en 2024, qui prévoit de porter le taux de mélange de l’éthanol dans l’essence de 22 % à 35 % d’ici 2030. FS Bioenergia, quatrième producteur d’éthanol du pays avec une capacité de 2,2 milliards de litres par an, est directement porté par cette réforme.

Le biogaz et le biométhane ouvrent une autre dimension. Selon l’AIE, près de 1 000 milliards de mètres cubes équivalent gaz naturel pourraient être produits annuellement à partir de déchets organiques existants — soit 25 % de la demande mondiale de gaz. 80 % de ce potentiel se concentre dans les économies émergentes. L’Inde seule dispose d’un gisement biogaz théorique supérieur à sa consommation actuelle de gaz naturel, mais exploite moins de 5 % de ce potentiel. Cette filière cumule trois avantages :

  • Valorisation des déchets agricoles et urbains
  • Substitut direct au gaz naturel sans nouvelles infrastructures majeures
  • Compétitivité immédiate face au GNL importé (40 Gm³ disponibles sous 10 USD/GJ en Asie)

Pour un patrimoine structuré cherchant à capter ces tendances de fond, plusieurs véhicules d’investissement permettent d’y accéder indirectement. Les SCPI européennes spécialisées ou les fonds obligataires exposés aux émetteurs émergents du secteur énergétique offrent des coupons structurellement supérieurs à ceux des marchés développés, reflet d’un coût du capital plus élevé dans ces géographies. On peut également envisager une exposition via des véhicules à fondamentaux solides positionnés sur les infrastructures liées à cette transition. Pour aller plus loin dans la diversification, le private equity donne accès à des fonds spécialisés sur les énergies propres émergentes, avec des rendements historiquement supérieurs à 16 % par an pour les meilleures stratégies.

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