Marchés fin 2023 : obligations, actions, France et dollar
Écrans de trading affichant courbes de taux et indices boursiers en fin d'année

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Table des matières

L'essentiel en 30 secondes

  • Les rendements obligataires *Investment Grade* mondiaux sont au plus haut depuis vingt-cinq ans ; les maturités longues américaines concentrent le risque.
  • La technologie et l'énergie soutiennent les indices actions malgré la hausse des taux ; la saison des résultats du T3 à partir de mi-octobre est le prochain test.
  • La rentabilité réelle des grands groupes technologiques distingue la période actuelle de la bulle des années 1990.
  • La France subit des tensions budgétaires et politiques spécifiques, avec un risque de contagion zone euro limité par les outils de la BCE.
  • Le dollar est soutenu à court terme par le différentiel de taux, mais son financement croissant via les flux actions fragilise son statut de valeur refuge à long terme.

Les rendements obligataires atteignent des niveaux absents depuis un quart de siècle, les marchés actions résistent mieux qu'attendu, et la France concentre des tensions budgétaires spécifiques. Vincent Chaigneau, Directeur de la Recherche de Generali Asset Management, a publié en octobre une analyse macroéconomique qui mérite d'être décortiquée point par point. Voici les éléments structurants pour les derniers mois de l'année.

Obligation d'État physique posée sur un bureau avec graphique de taux en hausse
Illustration générée par IA

Marchés obligataires : des rendements au plus haut depuis vingt-cinq ans

Les rendements des obligations d'État Investment Grade mondiales ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis vingt-cinq ans. Ce constat, documenté par Generali Asset Management en octobre, repose sur un consensus de marché : les taux directeurs resteront élevés durablement. Les maturités longues, en particulier aux États-Unis, concentrent l'essentiel du risque.

Deux catalyseurs pourraient modifier ce scénario, selon Vincent Chaigneau. À court terme, une détente géopolitique au Moyen-Orient allégerait la pression sur les marchés. À plus long terme, un essoufflement du cycle d'investissement lié à l'intelligence artificielle pèserait sur les rendements. Aujourd'hui, ni les indicateurs économiques ni les données industrielles ne confirment ce ralentissement.

Les maturités intermédiaires offrent des points d'entrée plus lisibles que les échéances longues, mais la prudence reste justifiée tant que les banques centrales n'envoient pas de signal de pivot clair.

Actions : résilience des indices et saisonnalité favorable à l'automne

Malgré la pression exercée par la hausse des rendements obligataires, les marchés actions ont fait preuve d'une résistance que l'équipe de recherche de Generali Asset Management qualifie elle-même de surprenante. La technologie et l'énergie portent les indices. Les spreads de crédit se sont légèrement élargis, mais le scénario de récession reste considéré comme peu probable.

La saisonnalité joue en faveur des actifs risqués sur la période qui s'ouvre. Septembre est historiquement défavorable aux actions. Octobre et novembre bénéficient d'un contexte statistiquement plus porteur. La saison des résultats du troisième trimestre, attendue à partir de la mi-octobre, représente un vecteur de soutien supplémentaire si les publications confirment la robustesse des marges.

L'approche retenue par l'équipe de recherche reste constructive, mais oriente vers un positionnement plus défensif. Cette nuance est importante : constructif ne signifie pas surpondéré en risque.

Bénéfices des entreprises : la rentabilité comme facteur de soutien structurel

La comparaison avec la bulle technologique de la fin des années 1990 est régulièrement convoquée. Elle mérite d'être nuancée : les grands groupes technologiques d'aujourd'hui affichent une rentabilité réelle, contrairement aux valorisations spéculatives de l'époque. Ce différentiel de qualité fondamentale soutient les indices même en environnement de taux élevés.

L'adoption progressive de l'intelligence artificielle ouvre par ailleurs des perspectives de gains de marges dans des secteurs au-delà de la seule technologie. Ce point n'est pas encore intégré dans les valorisations de l'ensemble du marché, ce qui ménage un potentiel de réévaluation sectorielle.

La remontée des taux réels a par ailleurs contribué à modérer les valorisations boursières globales. Cette correction partielle des excès de la période de taux zéro réduit la vulnérabilité des marchés à un nouveau choc de taux.

France : une situation budgétaire sous surveillance des marchés

La France concentre des tensions spécifiques. Les difficultés budgétaires et l'incertitude politique ont alimenté des pressions sur les obligations souveraines françaises. La hausse de la dette publique, combinée à un manque de visibilité sur l'orientation politique, entretient la méfiance des investisseurs institutionnels.

Le risque de contagion à l'ensemble de la zone euro apparaît toutefois limité. La Banque centrale européenne dispose d'instruments d'intervention — notamment le programme anti-fragmentation — qui permettent de contenir les écartements de spreads souverains avant qu'ils ne deviennent systémiques.

Pour un investisseur patrimonial exposé aux obligations d'État françaises, cette configuration plaide pour une vigilance accrue sur la duration et une diversification géographique au sein de la zone euro. Les contrats d'assurance vie luxembourgeois offrent, dans ce contexte, un cadre réglementaire et une diversification de supports que les contrats français ne permettent pas d'atteindre avec la même souplesse — un point que les avantages de l'assurance vie pour diversifier son patrimoine illustrent concrètement.

Billet de dollar américain sur fond de skyline urbain au crépuscule
Illustration générée par IA

Dollar américain : vigueur conjoncturelle, fragilité structurelle

Le dollar conserve sa force grâce à des anticipations de taux élevés aux États-Unis. Le différentiel de taux avec les autres grandes zones monétaires soutient mécaniquement la devise américaine à court terme.

Une évolution structurelle mérite cependant attention : le financement du déficit courant américain s'effectue de plus en plus via des flux vers les actions plutôt que vers les obligations. Ce déplacement modifie la nature du soutien apporté au dollar. Un investisseur étranger qui achète des actions américaines reste exposé aux fluctuations de change, mais ses arbitrages sont plus sensibles à la performance boursière qu'aux rendements obligataires. Si les marchés actions américains corrigent, ces flux pourraient se retirer plus rapidement qu'une base obligataire traditionnelle.

Le rôle de valeur refuge du dollar — ancré dans les décennies de domination des bons du Trésor américains — pourrait s'éroder progressivement si cette tendance se confirme. Ce n'est pas un scénario immédiat, mais c'est un risque à intégrer dans toute allocation longue terme exposée au dollar.

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