L'essentiel en 30 secondes
- IVO Capital Partners gère 3 milliards d'euros à fin juin 2025, avec 750 millions de collecte nette sur le seul premier semestre.
- La stratégie « mauvais pays, bonne entreprise » sur les émergents est gérée depuis près de 20 ans et repose sur un univers de plus de 1 700 émetteurs dans 60 pays.
- Le fonds IVO Global High Yield affiche une performance nette annualisée de 7 % en euro depuis 2019, avec un rendement de 8,1 % à fin juin 2025 — sans garantie pour l'avenir.
- Le financement de contentieux (IVO Legal Strategies IV) vise un rendement supérieur à 13 % sur 5 à 7 ans, sans liquidité garantie, réservé aux investisseurs professionnels.
- La sélection de ces fonds doit intégrer les frais réels, les circuits de distribution et le cadre contractuel (contrat français vs luxembourgeois) avant toute décision d'allocation.
Le marché du crédit a retrouvé sa place dans les allocations depuis le retournement des taux en 2022. IVO Capital Partners, gérant spécialisé, en profite : 750 millions d'euros de collecte nette sur le seul premier semestre 2025, après 600 millions sur l'ensemble de 2024. La société élargit aujourd'hui son périmètre au-delà des marchés émergents, sans abandonner le positionnement qui a construit sa réputation.
Une collecte qui s'accélère sur fond de retour à l'obligataire
Depuis 2022, la normalisation des taux a rendu l'obligataire à nouveau compétitif face aux actions. IVO Capital Partners en a capté le bénéfice directement : la société affiche désormais 3 milliards d'euros d'encours à fin juin 2025, contre un niveau nettement inférieur il y a trois ans. La collecte nette du premier semestre 2025 — 750 millions d'euros — dépasse déjà celle de l'intégralité de 2024.
Cette dynamique s'accompagne d'un renforcement structurel : recrutement de gérants expérimentés, élargissement de l'offre produits et développement commercial à l'international. La société, qui emploie aujourd'hui une quarantaine de collaborateurs, a ouvert des relais commerciaux en Suisse, Belgique, Espagne, Luxembourg, dans les pays nordiques et au Canada.
Les conseillers en gestion de patrimoine représentent un tiers de la collecte. Ils s'appuient principalement sur deux véhicules identifiés : le fonds flagship IVO EM Corporate Debt (1,5 milliard d'euros d'encours) et le fonds à duration courte IVO Short Duration SRI (500 millions d'euros).

La stratégie « mauvais pays, bonne entreprise » : vingt ans de track record
Le cœur de métier d'IVO repose sur une approche originale : investir dans des obligations en devises dures d'entreprises aux fondamentaux solides, mais pénalisées dans leur notation par le pays dans lequel elles sont domiciliées. Une entreprise brésilienne ou turque bien gérée, peu endettée, générant ses revenus en dollar à l'échelle mondiale, se voit appliquer une décote de notation liée à son pays d'origine — et donc offrir une prime de rendement supplémentaire.
Cette stratégie est gérée depuis près de vingt ans, dont quinze au sein d'IVO Capital Partners, et auparavant chez Merrill Lynch. L'univers d'investissement couvre plus de 1 700 émetteurs répartis dans 60 pays, ce qui offre une granularité sectorielle et géographique rare sur cette classe d'actifs.
À fin juin 2025, le portefeuille du fonds IVO EM Corporate Debt affiche les caractéristiques suivantes :
- Duration de 3 ans (courbe des taux jugée peu incitative à allonger)
- Rendement autour de 7 % en euro
- Surpondération Amérique latine (Brésil, Colombie, Mexique), Turquie, Inde
- Sous-pondération Asie (fondamentaux jugés moins solides sur le segment High Yield)
- Secteurs dominants : utilities, infrastructures (ports et aéroports), oil & gas
Le fonds est délibérément éloigné de son indice de référence, majoritairement composé d'émetteurs asiatiques. Ce choix actif est assumé : les gérants considèrent que le levier d'endettement des émetteurs High Yield asiatiques est structurellement plus élevé.
Les fonds datés et la version courte durée : caractéristiques clés
IVO propose trois fonds datés sur le crédit émergent, avec des échéances à 2028, 2030 et 2032. Ces stratégies de portage sont déployées depuis dix ans. Le dernier millésime, lancé en février 2025, avait déjà collecté 60 millions d'euros à fin juin.
| Fonds | Duration | Rendement (à fin juin 2025) | Particularité |
|---|---|---|---|
| IVO EM Corporate Debt | 3 ans | ~7 % en euro | Flagship, 1,5 Md€, sans risque de change |
| IVO Short Duration SRI | 2,5 ans | ~6 % en euro | Label ISR, exclusion oil & gas |
| Fonds daté 2032 (dernier millésime) | Portage jusqu'à 2032 | 7,2 % en euro | 80 émetteurs, diversification géo/sectorielle |
| IVO Global High Yield | Duration courte | 8,1 % en euro | 50-60 % émergents, perf. nette annualisée 7 % depuis 2019 |
IVO Short Duration SRI se distingue par l'exclusion du secteur oil & gas, condition nécessaire à l'obtention du label ISR. Ce positionnement lui permet d'être utilisé comme substitut boosté à un fonds en euro ou comme poche de trésorerie dynamique. Le rendement annoncé de 6 % en euro s'entend sans garantie : tout investissement obligataire comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Diversification vers l'obligataire européen : deux nouvelles expertises
Le pivot de 2022 sur les taux a ouvert une fenêtre sur l'obligataire européen. IVO a recruté Frédéric Salomon en mai 2025 — ancien fondateur de Schelcher Prince Gestion — pour piloter le fonds IVO Euro Flexible Short Duration SRI. Cette stratégie Investment Grade vise un rendement de 5 % en jouant sur le profil de risque du portefeuille en fonction des conditions de marché. Le fonds affiche déjà 100 millions d'euros d'encours un an après son lancement, avec un référencement en cours d'élargissement.
En 2024, Jeremy Landau a rejoint la société pour prendre en charge IVO Global High Yield. Ce fonds se distingue des produits High Yield globaux standards — dominés par le marché américain — par une allocation de 50 à 60 % sur les marchés émergents. Sa performance nette annualisée depuis le lancement en 2019 s'établit à 7 % en euro, avec un rendement de 8,1 % à fin juin 2025.
Ces deux recrutements traduisent une même logique : appliquer une gestion bottom-up rigoureuse à des segments de marché distincts, sans diluer l'expertise existante sur les émergents. Pour les investisseurs qui souhaitent diversifier leur allocation obligataire, ce type d'approche mérite une analyse approfondie des frais réels et des éventuels conflits d'intérêts liés aux circuits de distribution.

Le financement de contentieux : une poche décorrélée des marchés
IVO Capital Partners opère également sur le financement de contentieux (litigation finance) depuis plus de treize ans. Cette activité, conduite depuis Paris par une équipe dédiée, consiste à financer des procédures judiciaires en échange d'une quote-part des sommes recouvrées. Elle est par nature décorrélée des marchés financiers.
La société commercialise actuellement son quatrième millésime, IVO Legal Strategies IV, accessible à partir de 100 000 euros, réservé aux investisseurs professionnels. L'horizon d'investissement est de cinq à sept ans, pour un rendement cible supérieur à 13 %. Ce type de véhicule présente une liquidité nulle avant l'échéance et un risque de perte en capital lié à l'issue des procédures financées.
Ce segment reste marginal dans la collecte globale, mais il illustre la volonté de la société de proposer des sources de performance véritablement alternatives, distinctes des indices de taux. Les investisseurs habitués à évaluer des véhicules de private equity reconnaîtront la logique de carry et d'illiquidité qui structure ce type de produit.
Prochaines étapes : devises locales et crédit alternatif
IVO Capital Partners annonce deux axes de développement pour les prochains mois. Le premier concerne les obligations en devises locales, un segment encore non couvert par la société mais jugé stratégique dans un contexte de reconfiguration géopolitique. Le second est un fonds de crédit alpha intégrant des mécanismes de gestion alternative, conçu pour amortir les épisodes de forte volatilité des marchés.
Ces projets s'inscrivent dans une logique de spécialisation assumée : la société ne cherche pas à couvrir toutes les classes d'actifs, mais à approfondir ses savoir-faire sur l'obligataire au sens large. Cette cohérence de positionnement est un critère que tout investisseur averti doit intégrer dans sa sélection de gérants, au même titre que le TRI long terme, le track record auditable et la transparence sur la chaîne de frais.
Pour les profils qui logent ces fonds dans un contrat d'assurance vie, le choix du contenant reste déterminant. Un contrat luxembourgeois offre un accès plus large aux fonds obligataires institutionnels et une protection juridique supérieure au contrat français, deux points que le rendement affiché par un fonds ne compensera jamais s'ils font défaut.

