L’enquête Schroders auprès de 1 000 investisseurs institutionnels révèle comment la géopolitique reconfigue les stratégies patrimoniales mondiales.
- Diversification stratégique : face aux tensions géopolitiques, 84 % des investisseurs privilégient la diversification géographique et sectorielle comme pilier de gestion.
- Volatilité accrue : 85 % anticipent une volatilité accrue des marchés dans les douze prochains mois, justifiant une protection renforcée.
- Gestion active légitime : 85 % des investisseurs reconnaissent que la gestion active crée de la valeur pour saisir opportunités et réagir aux retournements.
- ETF actifs en hausse : ces véhicules allient coûts maîtrisés et flexibilité, séduisant 70 % des investisseurs pour les petites caps et marchés émergents.
- Approche multi-actifs : 50 % évaluent conjointement actions cotées et capital-investissement sans cloisonnement traditionnel.
72 000 milliards de dollars d’actifs représentés, plus de 1 000 investisseurs institutionnels interrogés : c’est l’ampleur de la Global Investor Insight Survey 2026 de Schroders. Son enseignement central ? Face à une carte géopolitique profondément redessinée, la diversification des portefeuilles s’impose désormais comme la réponse stratégique prioritaire des grands gestionnaires de patrimoine à travers le monde.
Géopolitique et volatilité : les risques qui reconfigurent les portefeuilles
Le déclenchement du conflit en Iran début 2026 a brutalement rappelé que les chocs géopolitiques se transmettent directement aux marchés financiers. Selon l’enquête Schroders, 69 % des investisseurs citent le conflit au Moyen-Orient comme leur préoccupation principale. Les incertitudes sur la politique étrangère américaine arrivent en deuxième position, à 67 %. Ce double signal reflète un basculement profond : on ne gère plus un portefeuille comme on le faisait dans un environnement mondialisé stable.
Les risques jugés les plus susceptibles d’impacter les allocations au cours des douze prochains mois se hiérarchisent ainsi :
- Chocs sur les prix des matières premières et de l’énergie (53 %)
- Nouvelle aggravation des tensions géopolitiques (52 %)
- Ralentissement économique ou récession (50 %)
85 % des investisseurs anticipent une volatilité accrue des marchés dans l’année à venir. Cette conviction oriente massivement les choix tactiques. La protection contre les baisses (83 %) et la diversification géographique et sectorielle (84 %) deviennent les deux piliers de la gestion de portefeuille. Près d’un investisseur sur deux (47 %) déclare d’ores et déjà renforcer son exposition hors États-Unis.
Johanna Kyrklund, Directrice des investissements du Groupe Schroders, le formule clairement : on est passé d’un monde exposé à des chocs déflationnistes à un monde fragmenté, où la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement alimente des pressions inflationnistes durables. Pour un patrimoine diversifié construit sur le long terme, ignorer ce changement de régime serait une erreur de diagnostic.
Gestion active et ETF : les véhicules plébiscités pour naviguer l’incertitude
La gestion active retrouve une légitimité forte dans ce contexte. 85 % des investisseurs estiment qu’elle peut les aider à atteindre leurs objectifs sur les douze à dix-huit prochains mois. Trois raisons dominent : saisir des opportunités de surperformance, réagir avec agilité face aux retournements de marché, et réduire le risque de concentration sur les grands indices actions. Ce dernier point est décisif : 38 % des répondants augmentent spécifiquement leurs allocations actives pour y répondre.
Les ETF actifs montent parallèlement en puissance. Moins coûteux que les fonds actifs traditionnels (avantage cité par 70 % des investisseurs), ils combinent liquidité quotidienne, flexibilité de négociation et transparence accrue des portefeuilles. Les segments où l’expertise du gérant crée le plus de valeur au sein d’un ETF ? Les petites et moyennes capitalisations (37 %), les actions des marchés émergents (35 %) et les stratégies thématiques ou sectorielles (34 %).
| Atout des ETF actifs | % d’investisseurs |
|---|---|
| Coûts inférieurs aux fonds actifs traditionnels | 70 % |
| Liquidité quotidienne et flexibilité de négociation | 51 % |
| Liquidité accrue sur le marché secondaire | 43 % |
| Transparence des portefeuilles | 41 % |
Pour ceux qui pilotent un patrimoine complexe, le choix du véhicule n’est plus secondaire. ETF actif ou fonds de gestion active classique : l’arbitrage se fait désormais au cas par cas, en fonction des classes d’actifs ciblées et des desseins de risque/rendement assignés à chaque poche du portefeuille.

Actions cotées, capital-investissement et crédit : vers une approche globale et multi-actifs
L’une des évolutions les plus structurantes de cette enquête concerne la frontière entre actifs cotés et non cotés. 50 % des investisseurs évaluent désormais conjointement les opportunités offertes par les actions cotées et le capital-investissement, sans les cloisonner dans des poches séparées. Cette approche globale modifie la construction de portefeuille : les buts d’investissement priment sur les références traditionnelles par classe d’actifs.
Les actions fondamentales gérées activement (71 %), les stratégies small & mid caps (65 %) et le capital-transmission ciblant les grandes entreprises (62 %) sont perçus comme essentiels à la croissance à long terme. Pour les revenus, les actions de rendement arrivent en tête (74 %), devant les approches multi-actifs (41 %). 61 % des investisseurs soulignent l’intérêt des stratégies de capital-développement et de capital-risque pour l’appréciation du capital à long terme.
Le crédit, coté ou privé, suit la même logique d’élargissement. Sur les marchés cotés, 55 % jugent les obligations investment grade attractives pour générer des revenus réels fiables. 62 % voient dans les stratégies de crédit en difficulté une source d’alpha. Le prêt direct en crédit privé attire pour sa double qualité : revenus fiables (44 %) et potentiel d’alpha (44 %). La dette immobilière et la dette d’infrastructure séduisent 39 % des investisseurs soucieux de résilience du capital.
Les SCPI s’inscrivent naturellement dans cette logique multi-actifs. Si vous envisagez d’y allouer une part de votre épargne, il est utile de maîtriser les aspects opérationnels, notamment le délai de régularisation des demandes incomplètes de retrait SCPI, un point souvent sous-estimé dans la gestion de liquidité. De même, comprendre le délai de régularisation lors d’un retrait de parts SCPI vous permettra d’anticiper correctement vos besoins de trésorerie. Pour accéder aux meilleures SCPI françaises et européennes avec un remboursement immédiat jusqu’à 4 % du montant investi, découvrez notre offre SCPI.
Reconfigurer son allocation face à la fragmentation géopolitique durable
La fragmentaion géopolitique n’est pas un épisode transitoire. C’est une nouvelle normalité qui impose de repenser les fondamentaux de l’allocation d’actifs. 60 % des investisseurs utilisant des stratégies régionales considèrent les incertitudes macroéconomiques comme un défi majeur pour leurs décisions. La diversification géographique hors États-Unis n’est plus un pari tactique : c’est une nécessité structurelle.
Sur l’immobilier résidentiel, un autre levier de diversification patrimoniale, les évolutions réglementaires méritent une veille attentive. Le débat sur l’encadrement des loyers et son possible arrêt en 2026 illustre précisément comment le cadre politique national peut redéfinir la rentabilité d’une classe d’actifs en apparence stable.
Dans un environnement où les benchmarks traditionnels perdent de leur pertinence, la construction de portefeuille se déplace vers une logique d’objectifs : générer des revenus ajustés du risque, préserver le capital, capter de la croissance à long terme. Chaque allocation doit répondre à une fonction précise dans l’ensemble du portefeuille, pas simplement cocher une case dans une grille d’actifs.



