Le cuivre dépasse les 12 000 dollars la tonne, signalant une tension structurelle majeure entre offre et demande mondiale.
- Déséquilibre offre-demande : La sécurisation des accès aux matières premières stratégiques est devenue un enjeu souverain face à l’électrification massive de l’économie mondiale.
- Expertise de terrain : Les gérants cumulent formation d’ingénieurs, expérience minière directe et 250 rencontres annuelles avec des dirigeants de groupes miniers en sites réels.
- Concentration cuivre : 50 % du portefeuille exposé au cuivre, car les besoins sur 18 ans équivaudront à tout le cuivre extrait historiquement.
- Performance remarquable : Environ 70 % de rendement net depuis décembre 2024, dont 16 % en premiers mois 2025, via allocation thématique et stock-picking différencié.
Le cuivre dépasse les 12 000 dollars la tonne. Ce franchissement historique, observé en 2024, n’est pas une anomalie de marché — c’est le signal d’une tension structurelle entre une offre qui se raréfie et une demande portée par l’électrification massive de l’économie mondiale. Pour les investisseurs avertis qui cherchent à sortir du bruit médiatique pour mieux investir, ce type de déséquilibre représente précisément le genre d’opportunité que l’analyse macroéconomique permet d’anticiper.
R-co Strategic Metals and Mining : un fonds né du déséquilibre offre-demande
Lancé en décembre 2024 par Rothschild & Co Asset Management, le fonds R-co Strategic Metals and Mining s’appuie sur un constat aussi simple qu’implacable : tout objet manufacturé, toute infrastructure numérique, toute technologie verte exige des matières premières minières. L’accès sécurisé à ces ressources est devenu un enjeu souverain, bien au-delà de la simple gestion des coûts d’approvisionnement.
Pendant des décennies, les industriels fonctionnaient en flux tendu, sans véritablement se préoccuper de la sécurité des chaînes d’approvisionnement en amont. Ce paradigme a volé en éclats. La sécurisation des accès aux matières premières stratégiques est désormais au centre des décisions des États comme des grandes entreprises, dans un contexte où les nouvelles technologies — renouvelables, véhicules électriques, data centers — génèrent une demande incrémentale massive et prévisible.
C’est sur ces déséquilibres structurels que se positionne le fonds. Charles-Edouard Bilbault, gérant actions internationales chez Rothschild & Co Asset Management, et son co-gérant adoptent une approche méthodique — analyser chaque métal selon son cycle offre-demande propre, puis construire une allocation et un stock-picking différenciés. Tous deux issus de formations d’ingénieurs, avec une expérience directe dans l’industrie minière et la fusion-acquisition à Londres, ils disposent d’un accès privilégié aux sociétés et aux deal flows. Environ 250 rencontres annuelles avec des dirigeants de groupes miniers — en conférence ou directement sur des sites en Amérique latine et en Afrique — alimentent une conviction de terrain rare dans la gestion collective.
Pour les investisseurs qui savent que la sélection des gérants est essentielle dans les actifs privés, ce profil hybride — technique, opérationnel, financier — constitue un avantage concurrentiel réel, pas seulement un argument commercial.
Le cuivre au cœur du portefeuille : pourquoi la pénurie s’accélère
Près de 50 % du portefeuille est exposé au cuivre. Ce choix de concentration n’est pas un pari spéculatif : il repose sur une projection géologique et économique précise. Avec une croissance du PIB mondial estimée à 3 % par an sur les prochaines décennies, les besoins en cuivre pour les 18 prochaines années équivaudraient à l’ensemble du cuivre extrait depuis le début de l’histoire de l’humanité. C’est le chiffre qui résume toute la thèse d’investissement.
Les mines sont des actifs finis. Leur teneur en minerai diminue inexorablement, leur coût d’exploitation augmente, et leur durée de vie est limitée. Trouver de nouveaux gisements de qualité équivalente oblige les opérateurs à aller toujours plus loin géographiquement, dans des contextes réglementaires et logistiques plus complexes. L’offre minière mondiale en cuivre ne peut pas suivre le rythme de la demande — c’est une mécanique lente mais implacable.
| Facteur | Impact sur le cuivre |
|---|---|
| Électrification des transports | Un véhicule électrique utilise 3 à 4 fois plus de cuivre qu’un véhicule thermique |
| Développement des énergies renouvelables | Forte intensité cuivre dans les panneaux solaires, éoliennes et réseaux de distribution |
| Appauvrissement des mines existantes | Baisse tendancielle des teneurs, hausse des coûts d’extraction |
| Délais de développement de nouveaux projets | 10 à 20 ans entre découverte et production effective |
Parmi les positions identifiées figure NGEx Resources, société holding du projet minier de Lundin Mining, situé à la frontière entre le Chili et l’Argentine. Ce projet bénéficie à la fois d’une géologie exceptionnelle — qualifiée de plus belle découverte de la décennie — et du cadre incitatif mis en place par l’administration Milei en Argentine pour attirer les investisseurs miniers. Ce type d’opportunité, à la croisée de la géopolitique, de la géologie et de la finance, illustre parfaitement la valeur d’une approche de terrain.

Performance et perspectives : ce que les chiffres disent vraiment
Depuis son lancement en décembre 2024, R-co Strategic Metals and Mining affiche une performance d’environ 70 %, nette de frais de gestion, dont 16 % sur les seuls premiers mois de 2025. Ces résultats ont été obtenus dans un environnement de marché surtout instable, marqué par des tensions géopolitiques et une forte volatilité sur les actifs risqués.
Cette surperformance tient à deux leviers distincts :
- L’allocation thématique : sélectionner les bons métaux selon leur positionnement sur le cycle offre-demande
- Le stock-picking différencié : identifier des sociétés minières sous-valorisées avec des catalyseurs de rerating spécifiques, au-delà du basique bêta sectoriel
Pour un patrimoine diversifié cherchant à capter des modes de fond, ce type de fonds thématique peut compléter utilement des allocations plus conventionnelles. De la même façon qu’une approche sélective en SCPI et immobilier non coté requiert une analyse rigoureuse des sous-jacents, l’investissement dans les métaux stratégiques exige une compréhension fine des cycles miniers et des dynamiques géopolitiques associées.
Les investisseurs souhaitant accéder à ce type de stratégie via des enveloppes fiscalement efficientes peuvent visiter les solutions de private equity ou d’assurance vie, selon leur horizon et leur profil de risque. L’enjeu, à terme, est moins de savoir si la pénurie de cuivre se matérialisera que de déterminer à quelle vitesse elle contraindra les marchés à réévaluer l’ensemble de la chaîne de valeur minière — et quels gérants seront réellement positionnés pour en capturer la valeur. Regarder les placements préférés des Français suffit à mesurer le chemin qui reste à parcourir dans l’allocation vers ces actifs de rupture.



