PER et transmission : pourquoi c’est une idée dangereuse
PER et transmission : pourquoi c'est une idée dangereuse

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Le PER ne peut pas rivaliser avec l’assurance vie pour la transmission patrimoniale efficace.

  • Absence d’avantage successoral : les versements après 70 ans sont intégralement réintégrés dans la succession, sans aucun abattement spécifique contrairement à l’assurance vie
  • Optimisation fiscale illusoire : seuls 1% des foyers à très hauts revenus bénéficient réellement du dispositif, avec une illiquidité majeure non compensée pour 99% des épargnants
  • Supériorité de l’assurance vie : abattement de 152 500 euros par bénéficiaire avant 70 ans et 30 500 euros après, avec taxation forfaitaire avantageuse
  • Approche patrimoniale rigoureuse : privilégier la cohérence globale entre objectifs et véhicules d’investissement, éviter les solutions standardisées inadaptées

L’industrie financière produit régulièrement des contenus dont certains méritent une analyse critique approfondie. Parmi les sujets récurrents, la confusion entre les dispositifs patrimoniaux destinés à la préparation de la retraite et ceux conçus pour organiser la transmission du patrimoine demeure particulièrement préoccupante. Cette confusion peut entraîner des décisions irrémédiables pour les épargnants qui appliquent sans discernement des recommandations inadaptées à leur situation personnelle et à leurs objectifs patrimoniaux de long terme.

Le Plan d’Épargne Retraite suscite régulièrement des débats dans la presse spécialisée. Certaines analyses le présentent comme un outil polyvalent, capable de concurrencer l’assurance vie en matière de transmission patrimoniale. Cette vision constitue une erreur d’appréciation majeure qui nécessite un démenti argumenté et factuel, particulièrement pour les patrimoines diversifiés nécessitant une stratégie d’optimisation précise et cohérente.

Les limites structurelles du PER en matière successorale

Contrairement aux représentations simplifiées véhiculées dans certaines publications, le PER ne possède aucun avantage successoral intrinsèque. Le législateur a conçu ce dispositif exclusivement pour constituer un complément de revenu à la retraite, avec une fiscalité incitative à l’entrée sous forme de déduction fiscale. La dimension transmissive n’a jamais figuré dans les objectifs du cadre législatif établi par la loi PACTE de 2019.

La règle fiscale déterminante, souvent omise dans les analyses simplistes, concerne le traitement des versements effectués après soixante-dix ans. Ces sommes sont intégralement réincorporées dans l’actif successoral, sans bénéficier d’aucun abattement spécifique. Cette caractéristique contraste radicalement avec le régime privilégié de l’assurance vie, qui maintient un abattement de 30 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées après cet âge.

Pour les patrimoines conséquents nécessitant une diversification stratégique cohérente, cette différence de traitement fiscal représente un facteur décisif dans l’allocation d’actifs. L’assurance vie conserve une supériorité indiscutable pour organiser la transmission patrimoniale, particulièrement lorsque les héritiers ne sont pas des descendants directs.

Caractéristique PER Assurance vie
Versements après 70 ans Intégration totale dans la succession Abattement de 30 500 € par bénéficiaire
Fiscalité des bénéficiaires Droits de succession classiques Prélèvement forfaitaire réduit
Objectif législatif Constitution de revenus complémentaires Épargne longue et transmission
Liquidité anticipée Cas très restreints Rachats libres après 8 ans

L’illusion de l’optimisation fiscale pour la majorité des souscripteurs

L’argument central avancé pour justifier le recours au PER repose sur une hypothèse théorique : la tranche marginale d’imposition serait systématiquement plus élevée durant la vie active qu’au moment de la retraite. Cette affirmation mérite une déconstruction méthodique, car elle ne s’applique qu’à une fraction marginale de la population française.

Selon les données publiées par l’INSEE en 2024, seulement 1% des foyers fiscaux français déclarent un revenu net imposable supérieur à 167 000 euros pour un couple. Or, seuls ces contribuables placés dans les tranches supérieures du barème progressif peuvent espérer bénéficier d’une véritable optimisation fiscale via le PER. Pour l’écrasante majorité des ménages, l’écart de tranche marginale entre la période d’activité et la retraite reste insuffisant pour compenser les contraintes inhérentes au dispositif.

Cette réalité statistique invalide la pertinence du PER pour 99% des souscripteurs potentiels. Les professionnels exerçant des activités libérales ou dirigeantes avec des revenus substantiels constituent les seuls cas où l’équation fiscale présente un intérêt tangible. Pour les autres catégories socioprofessionnelles, l’illiquidité du PER représente un inconvénient majeur qui n’est pas compensé par l’économie d’impôt réalisée lors des versements.

Les stratégies patrimoniales efficaces nécessitent une analyse macroéconomique précise et une compréhension fine des mécanismes fiscaux. Les raccourcis simplificateurs véhiculés dans certaines tribunes médiatiques peuvent induire des choix préjudiciables pour les épargnants cherchant à préserver leur statut et optimiser leurs décisions financières sur le long terme.

PER et transmission : pourquoi c'est une idée dangereuse

Assurance vie : l’outil de transmission par excellence

Face aux lacunes structurelles du PER en matière successorale, l’assurance vie maintient son statut d’instrument privilégié pour organiser la transmission patrimoniale. Les avantages fiscaux substantiels dont bénéficient les bénéficiaires désignés constituent un atout décisif dans toute stratégie d’optimisation successorale.

Pour les versements effectués avant soixante-dix ans, l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire représente un levier fiscal considérable. Au-delà de ce seuil, la taxation forfaitaire de 20% jusqu’à 700 000 euros, puis de 31,25%, demeure nettement plus favorable que les droits de succession classiques appliqués aux actifs transmis via la succession ordinaire.

Chez Finconnexion, nous recommandons systématiquement une approche patrimoniale globale intégrant les meilleurs contrats d’assurance vie disponibles sur le marché avec une obligation de résultat. La loi PACTE offre désormais la possibilité de transférer les anciens contrats vers des supports plus performants sans perdre l’antériorité fiscale, un avantage technique déterminant pour améliorer la performance des avoirs existants.

La diversification internationale constitue également un axe stratégique pour les patrimoines conséquents. L’intégration de SCPI européennes dans une allocation diversifiée permet d’accéder à des marchés immobiliers dynamiques tout en bénéficiant d’une fiscalité adaptée. Cette approche s’inscrit dans une logique d’anticipation des tendances macroéconomiques et de recherche de rendements décorrélés du seul marché français.

Vers une approche patrimoniale rigoureuse et personnalisée

La multiplication des contenus approximatifs dans la presse spécialisée révèle une problématique plus profonde : la confusion entre communication commerciale et conseil patrimonial rigoureux. Les articles visant principalement à occuper l’espace médiatique ne servent pas l’intérêt des épargnants qui recherchent des analyses factuelles et des recommandations adaptées à leur situation personnelle.

Pour les patrimoines diversifiés nécessitant une vision stratégique de long terme, plusieurs principes fondamentaux doivent guider les décisions d’allocation :

  • Privilégier la cohérence globale entre objectifs patrimoniaux et véhicules d’investissement sélectionnés
  • Éviter les solutions standardisées présentées comme universellement adaptées sans analyse personnalisée
  • Multiplier les sources d’information et confronter les analyses avant toute décision d’investissement significative
  • Intégrer systématiquement les contraintes fiscales, successorales et de liquidité dans l’équation patrimoniale

L’accès aux meilleures opportunités d’investissement nécessite également une sélection rigoureuse des supports. Chez Finconnexion, nous donnons accès à des SCPI européennes sélectionnées pour leur potentiel de rendement et leur qualité de gestion, permettant une diversification géographique pertinente pour les patrimoines recherchant une exposition internationale maîtrisée.

L’expertise patrimoniale authentique repose sur une connaissance approfondie des dispositifs fiscaux, une expérience éprouvée des marchés financiers et immobiliers, ainsi qu’une capacité à anticiper les évolutions réglementaires. Les recommandations simplistes ignorant ces dimensions techniques conduisent inévitablement à des décisions sous-optimales pour les épargnants exigeants.

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