Les SCPI françaises affichent des signes d’amélioration avec une collecte en progression et des valorisations stabilisées.
- Collecte nette : 2,2 milliards d’euros sur six mois, soit une progression remarquable de 29% comparée à 2024
- Taux de distribution : Stabilisé à 2,29%, avec 61% des SCPI maintenant ou relevant leur rémunération
- Valorisations : Prix de part moyen en baisse de 3,7%, révélant des tensions sectorielles sur les bureaux
- Liquidité : Parts en attente à 2,33 milliards, concentrées sur les SCPI bureaux avec des difficultés persistantes
Les premiers indicateurs du secteur des SCPI françaises révèlent une dynamique d’amélioration notable, marquée par une collecte en progression et une stabilisation des valorisations. Ces évolutions témoignent d’un regain de confiance des investisseurs patrimoniaux, particulièrement attentifs aux performances de leurs placements immobiliers.
L’analyse des données publiées par l’ASPIM et l’IEIF confirme cette tendance haussière, même si certains défis persistent. La compréhension fine de ces mécanismes s’avère essentielle pour optimiser ses arbitrages d’investissement dans ce contexte macroéconomique en mutation.
Dynamique de collecte : performances contrastées selon les stratégies
La collecte nette atteint 2,2 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’exercice, soit une progression remarquable de 29% comparativement à 2024. Cette performance témoigne d’un retour de l’appétit des épargnants après une période d’ajustements difficiles sur plusieurs véhicules d’investissement.
L’examen trimestriel révèle une accélération progressive : le deuxième trimestre enregistre 1,12 milliard d’euros, marquant une hausse de 6% par rapport au trimestre précédent et de 23% en comparaison annuelle. Cette tendance confirme la stabilisation du marché après les corrections de 2023 et 2024.
La collecte brute, s’établissant à 2,6 milliards d’euros, affiche une croissance de 15% sur un an. Cette progression moins soutenue que la collecte nette s’explique par la réduction significative des décollectes observées entre les deux périodes de référence.
| Type de SCPI | Part de la collecte brute | Évolution |
|---|---|---|
| SCPI diversifiées | 72% | En progression |
| SCPI bureaux | 16,3% | Stable malgré les difficultés |
Cette répartition sectorielle illustre la préférence marquée pour la diversification, reflet d’une approche stratégique prudente dans un environnement économique incertain. Les investisseurs privilégient désormais les véhicules offrant une exposition diversifiée plutôt que les stratégies sectorielles spécialisées.
Rendement et distribution : ajustements nécessaires face aux contraintes
Le taux de distribution moyen se stabilise à 2,29% au premier semestre, en légère amélioration par rapport aux 2,25% de l’année précédente. Cette progression masque d’un autre côté des évolutions disparates selon les véhicules et leurs stratégies d’investissement.
Soixante et un pour cent des SCPI ont maintenu ou relevé leur niveau de rémunération, avec une augmentation moyenne de 4% pour les véhicules concernés. Cette performance confirme la capacité de nombreuses sociétés de gestion à préserver la rentabilité malgré les tensions économiques actuelles.
À l’inverse, 39% des véhicules ont procédé à des ajustements de dividendes avec une diminution moyenne de 14%. Ces décisions, annoncées dès le début d’année, reflètent les contraintes opérationnelles auxquelles font face certains gérants :
- Tensions persistantes sur les marchés locatifs européens
- Contraintes de trésorerie accrues
- Nécessité de préserver la capacité d’investissement future
- Adaptation aux nouvelles exigences réglementaires
Ces ajustements s’inscrivent dans une logique de gestion prudentielle visant à maintenir la valeur patrimoniale long terme. Ils illustrent également la capacité d’adaptation des équipes de gestion face aux évolutions structurelles du marché immobilier professionnel. Pour les investisseurs souhaitant diversifier leur exposition immobilière, il convient d’analyser les SCPI de rendement pour comprendre ce placement immobilier et optimiser leurs arbitrages.
Valorisations et liquidité : stabilisation progressive avec des tensions sectorielles
Les ajustements de prix se concentrent principalement sur le premier trimestre : quatorze SCPI à capital variable ont diminué leur prix de souscription tandis que neuf l’ont relevé. Ces mouvements, faisant suite aux expertises de fin d’année, traduisent une adaptation réaliste aux conditions de marché.
Le prix de part moyen pondéré enregistre une baisse de 3,7% sur le semestre, avec des différenciations sectorielles marquées. Les SCPI exposées aux bureaux subissent des corrections plus importantes (-5%) comparativement aux autres catégories (-1,8%), reflétant les tensions spécifiques pesant sur l’immobilier de bureaux.
La capitalisation totale atteint 87 milliards d’euros en fin de période, soit une progression de 1% sur un trimestre. Sur douze mois, elle demeure en repli de 2%, témoignant d’une stabilisation progressive après la phase d’ajustement des valorisations.
Les parts en attente s’élèvent à 2,33 milliards d’euros au 30 juin, représentant 2,7% de la capitalisation totale. Cette première hausse après trois trimestres de baisse consécutifs s’explique par les réactions des épargnants aux ajustements de prix ou de dividendes sur plusieurs véhicules.
Cette augmentation concerne essentiellement les SCPI à dominante bureaux, qui concentrent 73% des parts en attente. Cette situation révèle les difficultés de liquidité persistantes sur ce segment, confronté aux évolutions structurelles liées au télétravail et aux nouveaux usages professionnels.
Perspectives d’évolution : adaptations stratégiques et opportunités
Les fondamentaux du modèle SCPI conservent leur solidité : cadre réglementaire protecteur, gestion professionnelle et horizon d’investissement long terme. La diversification croissante des stratégies et l’adaptation aux évolutions de marché témoignent de la résilience du secteur.
La reprise des volumes de transactions sur le marché immobilier français constitue un enjeu majeur pour résoudre les tensions de liquidité actuelles. L’adaptation des stratégies d’investissement aux nouveaux usages représente également un défi crucial pour les sociétés de gestion.
Les évolutions contrastées selon les secteurs immobiliers nécessitent une analyse fine des stratégies de chaque véhicule. Une attention particulière doit être portée à la composition sectorielle et géographique des portefeuilles, ainsi qu’à la capacité d’adaptation des équipes de gestion.
Cette situation illustre l’importance d’une approche diversifiée et d’un horizon d’investissement adapté à la nature long terme de ce placement. L’évolution des prochains trimestres dépendra largement de la capacité du marché immobilier français à retrouver des volumes de transactions normalisés et de l’adaptation aux transformations structurelles en cours.
